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#060 – Trivial Pursuit (2002-2003)

On va à présent parler de l’adaptation « années 2000 » du Trivial Pursuit… et je pense que ça va aller assez vite ; car non seulement il y a moins de choses à en dire, mais en plus de ça, elle a clairement mérité d’être tombée dans l’oubli selon moi.
En fait, si j’ai trouvé la première adaptation correcte mais sans plus, cette seconde version me l’a toutefois faite revoir à la hausse ; dans la mesure où elle fait réaliser qu’une réflexion est nécessaire dans la façon d’adapter ce jeu. Réflexion dont cette version-là semble en revanche s’être plus ou moins dispensée (enfin, surtout plus que moins…), comme on va le constater…

Une adaptation davantage fidèle… mais très planplan

Cette fois-ci, le jeu ne prend pas beaucoup de libertés pour adapter le concept du jeu de société de base.
Ainsi, on a bien un plateau de jeu (sur un écran certes, mais un plateau quand même), des lancers de dé (virtuels là encore, mais des lancers de dé quand même) et des pions qui se déplacent. Et les règles sont strictement les mêmes que pour le jeu de société : quand on tombe sur une case, on doit répondre à la question correspondante (et cette fois-ci, on a bien une couleur = un thème donné…), on rejoue si la réponse est correcte, sinon la main passe ; et on n’obtient les triangles (euh, oui, dans cette version, les camemberts sont appelés des « triangles »… pourquoi pas, c’est plus rapide à prononcer en plus) que sur les cases spécifiques.


Ben… c’est un plateau de Trivial Pursuit, quoi. Mais là, il sert un peu plus à quelque chose…

Thèmes
En revanche, au niveau des thèmes, on sent que les plus « sérieux » type histoire, géographie ou sciences étaient jugés trop rébarbatifs pour les producteurs (à se demander par quel miracle le thème « Arts et littérature » a pu être conservé). Et je crains le pire pour le thème « humour »…

Bon, en soi, les règles du Trivial Pursuit en tant que jeu de société sont correctes (à part peut-être la façon dont la main passe que j’ai déjà déplorée dans ma critique précédente, mais passons). Je n’y adhère certes pas particulièrement, mais je concède tout à fait qu’en tant que joueur, on puisse prendre du plaisir à y jouer.
Mais l’adapter vraiment tel quel en tant que jeu TV… non, ça ne prend pas. Les jeux de société et les jeux TV ont des codes un peu trop différents pour qu’une adaptation 100% fidèle du premier format vers le second ne puisse être vraiment pertinente. La version des années 80 l’avait d’ailleurs bien compris, et c’était sans doute pour ça qu’elle avait cherché à prendre davantage de libertés avec le concept : en particulier, pour le rendre plus dynamique.
Parce qu’ici, en revanche… on s’ennuie. Là où la première adaptation enchaînait les questions de façon fluide et rythmée, cette seconde version est bien plus pataude, car on y intercale des lancers de dé et des décisions prises par les candidats (et d’autres choses dont je parlerai après) ; sans compter que là où la version 80’s permettait d’obtenir les triangles de façon bien plus rapide sans avoir besoin de tomber sur une case spécifique, la version 2000’s nécessite de vraiment aller sur la bonne case (et c’était déjà un défaut plutôt ennuyeux dans le jeu de base, ça…).


… c’est tout ce qui vous inspire pour le thème « Musique », franchement ? Il n’y avait pas plus intéressant que ça comme question à poser ?

Ce n’est pas non plus aidé par la durée du jeu, très clairement. La version 80’s avait l’avantage d’être relativement courte, en ne durant qu’une vingtaine de minutes ; et même avec cette durée-là, ainsi qu’une vraie finale à part, ça n’empêchait pas de ressentir le côté légèrement répétitif du concept… mais ça passait quand même.
En revanche, cette version 2000’s dure carrément une heure ! Ca m’étonne d’ailleurs un peu qu’avec une durée pareille, ça ait pu être propulsé en access en 2003. La case de deuxième partie de soirée de 2002 était plus appropriée… mais ça n’empêchait toutefois pas de ressentir encore davantage le côté répétitif et rébarbatif de cette approche-là.

En outre, cette approche va également poser un autre problème.
Car une partie du jeu de société n’a pas de durée prédéfinie. La durée moyenne annoncée sur la boîte du jeu de société est d’ailleurs d’une heure… mais ça reste une durée moyenne. Selon la chance que les joueurs ont au lancer de dés, ainsi que l’étendue de leur culture générale, ça peut durer aussi bien 40 minutes qu’une heure et demie. Ce qui est donc aussi potentiellement le cas pour cette version TV. Et encore, quand vous jouez chez vous, vous ne perdez pas cinq minutes à diffuser un générique et à présenter tout le monde avant de commencer, ni ne perdez de temps à blablater entre chaque question ; et avouez que quand vous jouez, vous êtes toujours tentés d’assouplir les règles vers la fin, parce que la partie s’éternise et que vous avez envie d’en finir…
Par conséquent, qu’est-ce que le jeu TV va faire pour pallier ce problème ? Certes, on aurait pu en faire un format feuilletonnant (i.e. faire en sorte qu’une partie puisse s’étendre sur plusieurs émissions)… mais ça n’aurait pas arrangé le côté ennuyeux (sérieusement, qui a envie de passer deux heures à regarder la même partie de Trivial Pursuit ?). Traficoter le déroulement des émissions, pour être sûr qu’une partie se termine à temps ? Trop complexe à mettre en place ; et quand bien même ça aurait été possible, on a bien vu avec Still standing que ce genre d’approche est particulièrement foireux, car le public se serait senti pris pour un idiot.
Du coup, pas le choix… au bout d’une heure, on arrête l’émission quoi qu’il arrive, et c’est l’équipe qui a le plus de triangles à ce stade de la partie qui a gagné. Donc voilà, après une (longue) heure de visionnage : tout ça pour ça !


Le résultat au bout d’environ une heure de jeu… soit même pas la moitié de la partie. Et pourtant, l’émission va devoir s’arrêter là…

Bref, avec cette approche trop fidèle du jeu de base, on partait d’un concept déjà perdant.
Cela étant, la production semblait quand même avoir conscience des problèmes de cette formule, car elle a quand même tenté d’y apporter sa patte, afin de rendre le déroulement plus divertissant… sauf que non seulement ça ne va pas compenser tous les problèmes que je viens de citer, mais de plus, ça ne va faire qu’empirer les choses.

Une version plus ambiancée ! OUAIIIIIS ! … je suis ironique.

Vous connaissez mon opinion à ce sujet depuis le temps… si vous vous sentez le besoin de forcer le divertissement par tous les moyens, c’est que vous jugez que votre concept initial n’était pas suffisamment intéressant à vos yeux. Et c’est d’autant plus énervant quand le concept de base est réellement bon en soi (Le grand concours, TLMASMAD…).
Alors, oui, ici, vu ce que j’ai dit plus haut, le fait de forcer cet aspect-là ne gâche pas grand-chose, parce que divertissement lourdingue ou pas, ça reste un jeu que je n’aurais probablement pas regardé au-delà de son premier épisode si je l’avais suivi à l’époque.
Et puis bon, soyons honnêtes : ce n’est pas non plus le pire divertissement que j’aie regardé, loin s’en faut. On est plus ou moins sur le même niveau de divertissement intrusif que TLMASMAD. J’ai déjà été beaucoup plus irrité par cet aspect-là dans bien d’autres émissions…

Déjà, pour commencer, si vous trouviez qu’avoir seulement un people par équipe dans la version 80’s, ce n’était pas suffisant : réjouissez-vous, car cette version 2000’s n’en compte pas moins de quatre par équipe ! A ce stade, je me demande encore quel est l’intérêt de garder un candidat anonyme dans le lot…
Je ne m’étendrai pas là-dessus davantage, sincèrement, j’en dis toujours la même chose, et vous connaissez mon avis à ce sujet depuis le temps… mais de toute façon, people ou pas, je trouve que des équipes de cinq personnes, ça reste vraiment trop. Deux voire trois maximum, c’était largement suffisant.


Ce n’est pas parce que vous présentez vos people avec ce filtre qu’ils deviennent soudainement plus intéressants, hein…

Parlons plutôt de quelque chose d’un peu plus intéressant à défoncer : les « Trivial Happenings ». Oui, ce n’est jamais bon signe quand on voit le mot « Happening » apparaître…
La production avait dû se dire que faire reposer le jeu uniquement sur des questions « classiques » (surtout vu la longue durée de l’émission…), ça risquait d’être trop répétitif. Ce qui est… plus ou moins vrai, quand on regarde la version 80’s, où j’avais un peu déploré cet aspect-là. Mais bon, j’ai envie de dire que c’est normal, vu le matériau de base : quand vous jouez au Trivial Pursuit, c’est parce que vous avez envie de jouer à un jeu consistant à poser des questions de culture générale, non ?
Enfin, cela dit, ça n’a pas toujours été le cas, étant donné le très grand nombre de variantes qu’a connu le jeu de base depuis sa création, certaines faisant même appel à un support plus interactif comme le DVD (et pour avoir joué à l’édition DVD de 2004… je ne l’ai pas aimée. Principalement à cause des thèmes d’ailleurs…).

Bref. Le principe de ces « Trivial Happenings », c’était de proposer, à la place d’une question classique (ça pouvait arriver n’importe quand), un défi.
Trouver la liste complète des défis qui avaient pu être joués à l’époque va être difficile pour moi, étant donné que je ne l’avais pas suivi de façon récurrente, et qu’il n’existe à ma connaissance aucune documentation à ce sujet.
Toutefois, voici une petite liste (sans doute loin d’être exhaustive, mais qui donne quand même une petite idée de ce qui pouvait être proposé) :

  • Blind-test : l’équipe devait reconnaître trois chansons sur les cinq jouées.
  • Petit bac : l’équipe devait trouver des réponses commençant par la même lettre (par exemple, pour le thème Sport et loisirs : un sportif, un sport, un événement sportif… commençant tous par la lettre A).
  • Morphing : un montage photo a été réalisé à partir de quatre modèles de célébrités, l’équipe devait les identifier.
  • Carte d’identité : l’un des membres de l’équipe a les yeux bandés, le reste de son équipe a sous les yeux la « carte d’identité » d’une personnalité. Celui qui a les yeux bandés devait poser des questions, pour deviner de qui il s’agit, durant le temps imparti.
  • Trivial Actor’s studio : l’un des membres de l’équipe devait mimer les réponses à ses coéquipiers.
  • Trivial Histoire à cinq : l’animateur donnait cinq mots à l’équipe, qui doit alors improviser une histoire mentionnant ces cinq mots.


« Trivial Intro Musicale ». Quel nom pompeux pour désigner un simple blind-test…

Je pense que cette petite liste peut vous suffire à deviner ce qui ne va pas avec ce principe (en particulier avec les derniers items mentionnés…) : c’est fourre-tout au possible. A l’instar de la Boyard Academy de Narcisse Lalanne dans Fort Boyard, on dirait que les têtes pensantes de la production ont pris tous les délires qui leur sont passés par la tête, en se disant que ça pouvait faire des défis qui allaient tenir la route, sans pour autant les travailler véritablement.
Alors, oui, pour certains, ça peut encore passer. Genre le blind-test : les jeux TV passent souvent des questions de ce type. Mais pourquoi spécialement trois morceaux sur cinq à reconnaître ? Alors que pour le petit bac ou le morphing (autrement plus difficile à mon sens), il faut que toutes les réponses soient correctes ?
Bon, limite, passe encore pour les défis qui font appel à la complémentarité de l’équipe, même si je trouve qu’on s’éloigne de plus en plus du principe de culture générale, qui restait mine de rien présent dans les défis précédemment cités…
Mais franchement, les défis type « histoire à cinq », c’est juste n’importe quoi. Ca vient juste renforcer le côté « délire » que vous tentez de mettre dans le jeu, d’une façon plutôt désespérée j’ai envie de dire. Ca n’a absolument rien à faire là.

Au moins, quand TLMASMAD propose des défis variés, ceux-ci gardent tout de même une certaine cohérence dans leurs règles, et dans la façon dont ils sont proposés, de sorte qu’on n’ait pas l’impression que ces concepts sortent de nulle part. Nonobstant une ambiance légère (qui vient quand même gâter le jeu…), la production prend tout de même le concept global et les défis suffisamment au sérieux pour que ça donne quelque chose de bon (malgré les manches de mime et de dessin qui sont peut-être les plus borderline du lot, mais qui arrivent encore à passer).
Mais ici… je n’ai pas cette impression de cohérence. Contrairement à TLMASMAD où la diversité des défis proposés enrichit et renforce la mécanique du jeu, ici, je trouve qu’elle la rend au contraire plus brouillonne.
Alors que dans l’absolu, proposer des défis pour varier des questions, ça aurait pu être une bonne idée. Mais il aurait fallu le faire d’une façon plus cohérente et structurée. En particulier, les réserver pour l’obtention des triangles, par exemple. Et pour l’amour du ciel, virez-moi ces défis hors sujet de type « histoire à cinq »…


Nul…

Après, je reconnais quand même un micro-point positif à cette approche artistique : le co-animateur Frédérick Gersal apporte davantage de précisions sur les réponses aux questions, ce qui permet de les enrichir un peu. C’est mieux que rien, mais ça ne va clairement pas me faire revoir grand-chose à la hausse dans cette émission…

Total : 5,5/20

L’adaptation des années 2000 du Trivial Pursuit était finalement un très bon exemple… de la mauvaise façon d’adapter un jeu de société à l’écran.
Si j’avais un peu de respect pour l’approche de l’adaptation des années 80 (certes pas dénuée de défauts, mais davantage recherchée dans l’idée), je n’en ai en revanche pas particulièrement pour cette version-là, que je juge carrément comme une régression par rapport à la réflexion qui avait été faite lors de la conception de son aïeule.
Se contenter de prendre le jeu de base et de l’adapter tel quel (et encore, de façon tronquée, vu qu’il est très probable qu’à cause des impératifs horaires, la partie n’aille pas jusqu’à son terme…), en mettant du people et du blabla pour ambiancer, plus quelques défis variés ça et là pour casser la monotonie et renforcer l’ambiance (et encore, quand on voit certains défis, on se demande si ça en valait vraiment la peine…), ça ne fait pas un bon concept d’émission. Ca en fait juste un divertissement jetable et quelconque, sans panache particulier.

Bon, on a fait le tour du Trivial Pursuit en France (à moins qu’un diffuseur ou qu’un producteur ne tente de relancer le format une nouvelle fois, sait-on jamais…) ; mais ce jeu de société a également connu d’autres adaptations à l’étranger, avec des règles encore différentes.
Et même si je ne vais pas toutes les traiter (parce que je n’ai pas que ça à faire, surtout vu le matériau de base qui ne m’intéresse pas particulièrement…), je vais quand même en voir un minimum la prochaine fois avant de passer à autre chose.

garsiminium

Enchanté, moi c'est garsim. Bienvenue sur mon blog, où je parle de différents sujets, légers comme moins légers.

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