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#087 – Divided

Vous vous souvenez, quand, en parlant de The Colour of Money, j’avais cité The News of the World, qui avait dépeint ce jeu-là comme « le genre d’âneries cyniques amuse-peuple, pour lesquelles nous en sommes venus à mépriser ITV » ? … je trouve que le jeu d’aujourd’hui aurait largement plus mérité ce qualificatif, personnellement.
Car si le côté racoleur des enjeux de TCOM ne m’a personnellement pas trop dérangé, celui de Divided, également diffusé sur la chaîne britannique ITV en 2009, m’a en revanche bien plus incommodé. Même si je me dois de préciser qu’il ne s’agissait pas d’un format britannique à la base (comme l’était TCOM), mais d’un format néerlandais créé un an plus tôt, nommé De Gemene Deler, et produit par un certain… John De Mol. Oui, vous savez, le fameux milliardaire néerlandais qui avait fourré son nez dans les affaires du PAF en y apportant la télé-réalité et d’autres joyeusetés du genre. Ce qui commence à expliquer pourquoi ça ne sentait déjà pas bon concernant l’opinion que j’allais en avoir… bon, n’exagérons pas non plus, Endemol n’a pas produit que des programmes indignes, je le reconnais ; mais quand on pense à cette boîte de production, ce ne sont pas ses programmes les plus flatteurs qui nous viennent à l’esprit en premier (tousse Loft Story tousse).
D’autant plus que si TCOM était vraiment passé en catimini, Divided a, quant à lui, connu du succès d’une certaine manière. Pas particulièrement par rapport à une longévité quelconque (bon, je n’ai pas vérifié pour tous les pays qui l’ont adopté, mais il a quand même duré 4 ans aux Pays-Bas, et 2 saisons au Royaume-Uni) ; mais surtout parce que ce format a été largement exporté, dans un total de 20 pays différents (en comptant ceux que je viens de mentionner) ; et qu’il a continué de susciter un certain intérêt même plus de dix ans plus tard, quand on voit que certains pays l’ont lancé très récemment (la Grèce, la Thaïlande et le Vietnam en 2019, l’Espagne en 2020, et le Québec en 2024 – sous le nom de Chaque seconde compte – que j’aurais pu traiter afin d’avoir une version francophone, mais j’avais déjà largement avancé ma critique de la version anglophone, et j’avais la flemme de la réadapter).
Et j’espère personnellement que ce format n’atteindra jamais la France ; parce que, même si je me plains depuis le début de la décennie 2020 du manque de diversité des jeux qu’on a à l’antenne en journée ou en avant-soirée (quoique, en 2024, c’est un peu en train de s’arranger…), je préfère encore très largement avoir un TLMASMAD à l’ambiance agaçante mais bon enfant, plutôt qu’une adaptation de Divided qui renvoie un message plutôt malsain. Même si, pour le coup, je verrais très mal France 2 diffuser ça (ce serait plutôt le genre d’émission que TF1 aurait pu lancer).

Mais bon, avant d’expliquer ce qui m’a particulièrement gêné dans ce programme, présentons d’abord son fonctionnement global.

Le principe

Le principe de 90% du jeu est simple : trois candidats jouent ensemble, répondent à des questions de façon collaborative, gagnent de l’argent quand ils répondent juste, et en perdent quand ils répondent incorrectement.
Selon une structure globale que je pourrais qualifier de QVGDM-like, puisqu’on a une progression qui y ressemble pas mal (avec toutefois ses propres spécificités) ; mais en vrai, ce jeu me fait plutôt penser à Volte-Face sur plusieurs aspects. En particulier, le fait que les erreurs ne sont pas éliminatoires (jusqu’à un certain point), et que la partie se termine sur du chacun pour soi très marqué.

La partie se décompose en une succession de 15 questions, réparties en 5 manches. Manches qui comportent un nombre de questions dégressif ; ainsi, la manche 1 compte 5 questions, la manche 2 seulement 4, etc. jusqu’à la manche 5, qui n’en compte qu’une seule.
Ce qui va différencier les différentes manches, ce sera uniquement le montant maximal des questions en jeu. Les questions de la manche 1 valent 3 000 £ au maximum ; celles de la manche 2 valent 7 500 £ ; en manche 3, 15 000 £ ; en manche 4, 30 000 £ ; et la question de la manche 5 vaudra 75 000 £ au maximum. Il est donc possible de gagner un montant maximum théorique de 225 000 £ ; mais comme on le verra, il reste très théorique.

Round 1
Premier round : 5 questions, chacune d’entre elles permettant de remporter un maximum de 3 000 £.

Les questions prennent le plus souvent la forme de QCM avec 3 propositions de réponse ; mais il peut aussi s’agir de trois réponses à classer dans un certain ordre. Par ailleurs, la question de la manche 5 dispose elle aussi de 3 propositions de réponse, mais avec un nombre de bonnes réponses indéterminé (il peut y en avoir 1, 2, ou les 3 de correctes), qu’il faudra donner en intégralité pour remporter la question. Bonne idée pour marquer le coup.

Pour chaque question, l’équipe dispose de 100 secondes pour valider une réponse unique. Chaque candidat propose une réponse de son côté ; si elle est unanime, elle est validée ; si les candidats ne sont pas d’accord, ils doivent s’accorder sur la réponse à donner.
Si la réponse est correcte, le montant en jeu sur la question est ajouté à la cagnotte commune entre les trois candidats ; mais si elle est incorrecte, le montant de la cagnotte est divisé par deux. L’un des aspects qui justifie pourquoi le jeu s’appelle “Divided” ; et très clairement celui que je préfère, par rapport à l’autre aspect sur lequel je reviendrai à la fin.
Attention toutefois à ne pas collectionner les erreurs ; car si les deux premières sont pénalisantes sans être éliminatoires, la troisième l’est ; et dans ce cas de figure, les candidats repartent tous bredouille.

Ben… c’est une question à 3 propositions de réponse. Comme dans trouze mille jeux TV, que voulez-vous que je vous dise.
Après avoir répondu à la question, le verdict : est-ce qu’on va ajouter à la cagnotte (au centre) le montant en jeu sur la question (ce qui va donner le résultat en vert), ou va-t-on la diviser par deux (ce qui va donner le résultat en rouge) ?

Dans l’ensemble, on reste sur une structure de QVGDM-like ; et j’aurais presque pu appeler ce paragraphe “Qui veut gagner des millions… en équipe”, mais bon, je l’avais déjà plus ou moins fait avec Hot Seat et Mission : 1 million, donc autant varier les plaisirs.
Les spécificités de Divided à ce niveau-là étant donc :

  • Le jeu en équipe ;
  • Les deux premières erreurs non éliminatoires (mais pénalisées par une réduction de moitié du montant de la cagnotte) ;
  • L’absence de paliers de sécurité ;
  • L’absence de jokers ;
  • La gestion de l’enjeu des questions (on y reviendra dans le paragraphe suivant).

En outre, à l’issue de chaque manche, les candidats peuvent décider de poursuivre la partie, ou bien de s’arrêter là et de se partager les gains acquis jusqu’à lors. Ils disposent de 15 secondes pour parvenir à une décision commune ; s’ils ne sont pas d’accord, la partie continue par défaut.

Cette structure est plutôt solide. Bon, on y retrouve les qualités/défauts habituel(le)s des formules à la QVGDM, au sujet desquel(le)s je me suis déjà pas mal exprimé, je ne me répéterai pas à ce sujet.
Dans le lot, il y a peut-être l’absence de jokers qui peut surprendre ; mais en contrepartie, n’oublions pas que les candidats sont trois, et qu’ils peuvent donc mettre leurs potentiels en commun pour trouver la bonne réponse. En outre, le fait que les deux premières erreurs ne soient pas éliminatoires permet aussi de contrebalancer l’absence de coup de pouce.
Idem pour l’absence de paliers : à nouveau, les deux premières erreurs non éliminatoires, ainsi que la possibilité de s’arrêter à certains moments de la partie minimisent ce désagrément.

Le non-feuilletonnant, gênant ?

La seule chose qui va me froisser dans tout ça, c’est le fait que Divided n’assume pas vraiment son côté QVGDM dans la forme de ses émissions ; dans la mesure où on a des règles qui font que la partie peut prendre fin à tout moment, mais un format non feuilletonnant où 1 émission = 1 partie.
A nouveau, ce n’est pas la première fois que je critique ce genre de défaut, étant donné que Divided n’est pas le premier jeu que j’ai traité à ne pas vouloir assumer le côté feuilletonnant inhérent à tout QVGDM-like qui se respecte. Je peux notamment citer Still standing, Hot Seat, Money Drop depuis 2015, ou encore justement Volte-Face auquel je compare Divided depuis tout à l’heure.

Après, est-ce que c’est si gênant que ça dans le cas de Divided ? Oui et non.
En fait, c’est un défaut qui dépend beaucoup de l’aptitude qu’a l’émission à éviter que les cas de figure “extrêmes” ne se produisent.
Par exemple, dans Hot Seat, je reconnais que ce serait vraiment la faute à pas de chance si les six candidats venaient à se planter respectivement sur les six premières questions, et mettre fin à la partie aussi prématurément. A l’inverse, dans Still Standing, on ressent pleinement les trucages éhontés et à peine dissimulés auxquels la production est obligée de recourir pour arriver à ses fins, que ce soit dans un extrême comme dans l’autre.

Revenons-en à Divided.
Prenons l’extrême “Les candidats sont vraiment très nuls” : selon les règles du jeu, il faudrait donc poser un minimum de trois questions pour que la partie prenne fin. Mouais, je pense qu’il faudrait vraiment le vouloir pour être mauvais à ce point-là, tout de même. A la rigueur, ce qui pourrait être vraiment gênant, ce serait si les candidats décident de s’arrêter à l’issue de la manche 1 ; mais à ce stade, il y a peu de chances qu’ils aient grillé tous leurs filets de sécurité, donc on peut imaginer qu’ils vont au moins aller au bout de la manche 2. A partir de là, ça me semble un peu plus facilement envisageable de faire s’arrêter la partie, sans galérer à remplir le temps d’émission restant.
Prenons maintenant l’extrême “Les candidats sont excellents et vont jusqu’au bout” : j’avoue que là, je suis un peu plus sceptique ; car, même si ça ne me semble pas forcément impossible de caser 15 questions (+ le twist final) en 60 minutes de jeu (moins les publicités), ça doit quand même aboutir à un montage au chausse-pied. Je n’irais pas non plus jusqu’à comparer avec Still Standing qui évitait soigneusement que ce cas de figure n’arrive… mais tout de même, je ne pense pas que ce soit arrivé très souvent dans Divided.

Bref… on va dire que le côté non-feuilletonnant passe. Même si on aurait pu éviter le problème en assumant qu’une partie peut prendre fin à tout moment, ce n’est clairement pas ça qui me fera le plus râler au sujet de Divided. On y reviendra dans le paragraphe d’après.

Des questions sous pression

Mais avant de parler du fameux twist final qui va me crisper, parlons d’un point que j’ai volontairement éludé au sujet des questions posées.

En effet, en parlant des gains en jeu, j’ai précisé que les différents montants cités étaient des montants maximum. Ils ne sont donc pas garantis si les candidats répondent correctement aux questions.
En réalité, lorsque la question est posée, les candidats disposent de 100 secondes pour répondre ; mais le montant en jeu diminue de 1% à chaque seconde écoulée ! Ainsi, pour une question de la manche 1 valant 3 000 £ maximum, les candidats perdent 30 £ par seconde écoulée ; et pour une question de la manche 5, ils perdent carrément 750 £ par seconde ! Il y a donc tout intérêt à valider la réponse le plus vite possible pour stopper l’hémorragie.

On sent d’ailleurs que certaines questions sont là surtout pour faire perdre du temps (et donc de l’argent) aux candidats, comme cette question d’anagramme.

Bon, finalement, l’idée de faire diminuer le nombre de points en jeu (ou, ici, de l’argent) quand le(s) candidat(s) met(tent) trop de temps à répondre est en réalité bien plus répandue que je ne le pensais à une certaine époque, où je ne connaissais que La gym des neurones et Nous sommes tous des spécialistes comme exemples en la matière.
Et c’est une idée que je trouve toujours intéressante ; mais à prendre avec des pincettes, car elle peut devenir contre-productive lorsqu’elle est mal appliquée.
Ainsi, dans La gym des neurones, je trouve que ça marche à merveille, dans la mesure où tous les candidats jouent sur les mêmes questions, tout en restant en compétition, et où le capital de points accumulés sert à aborder la manche 2 plus sereinement ; mais a contrario, dans Nous sommes tous des spécialistes, je considère que ça rend le jeu bancal, dans la mesure où les candidats ne sont pas toujours logés à la même enseigne.
Qu’en est-il de Divided à ce niveau-là ? Eh bien, il y a du pour et du contre.

Commençons par le “pour” : ici, les candidats sont tous dans le même bateau, donc on n’a pas de risque de comparer des choux et des carottes. Ils travaillent tous pour faire fructifier la même cagnotte, donc il n’y aura pas d’injustice parce qu’on aura posé à deux candidats des questions différentes nécessitant des temps de réflexion différents (on évite donc le syndrome Nous sommes tous des spécialistes).
Et, surtout : ici, davantage que de jouer la stratégie, c’est surtout le stress que ça fait bien fonctionner. L’aspect collaboratif est vraiment mis à l’épreuve, avec des candidats qui doivent se mettre d’accord le plus rapidement possible pour gagner le plus d’argent possible ; tout en prenant garde à ne pas confondre vitesse et précipitation, au risque de commettre une erreur.

Mais du côté du “contre”, il y a toujours le fait que toutes les questions ne se valent pas. Même si les candidats ne sont pas en compétition, ça ne change rien au fait que toutes les questions qui sont posées au cours de la partie ne sont pas forcément de type “tac-au-tac” ; et que les candidats peuvent se retrouver avec des questions où ils n’auront pas d’autre choix que de perdre de l’argent, parce qu’il est impossible d’y répondre en une seconde.
En particulier avec l’existence de questions où il faut classer les réponses dans l’ordre demandé, ou encore la dernière question où il faut bien prendre garde à la possibilité qu’il y ait plusieurs bonnes réponses. Pour le coup, je trouve que cet élément-là est difficilement compatible avec le côté “répondre le plus vite possible” ; et qu’il aurait fallu choisir entre avoir des questions variées, ou faire stresser les candidats.

Question de type classement
Certaines questions sont de type « classement », et nécessitent de remettre les réponses dans l’ordre. Même si ça permet de diversifier un peu le contenu du jeu, encore une fois, ça me donne également l’impression qu’elles sont là pour faire perdre plus de temps aux candidats…

Je vous avoue que, personnellement, j’aurais eu du mal à me décider. D’un côté, j’aime le stress supplémentaire que ça procure aux candidats ; d’un autre côté, je trouve que ça ajoute une comparaison choux/carottes supplémentaire qu’on aurait pu facilement éviter… bref, c’est un peu touché-coulé.
Mais bon, le positif que ça apporte arrive à me faire relativiser sur le négatif que ça implique ; donc ce n’est finalement pas plus mal que ce soit tout de même en place. Je trouve juste qu’on aurait pu se passer de questions de type “classement” ou “plusieurs possibilités” ; mais de toute façon, ce n’est toujours pas ça qui m’agace vraiment au sujet de ce programme.

Une conclusion… malaisante

On y arrive enfin.

Si les candidats ont choisi de s’arrêter entre deux manches d’un commun accord, ou bien qu’ils ont réussi à aller jusqu’au bout de la série de questions posées, sans avoir passé le cap fatidique des trois erreurs : félicitations, ils vont pouvoir tenter de gagner l’argent qu’ils ont récolté… mais seulement s’ils arrivent à se mettre d’accord sur une dernière chose.

Le montant accumulé jusqu’ici va être divisé en trois parts… inégales. Volontairement. Avec une part élevée (de 50% à 70% du montant total), une part moyenne (de 20% à 40%), et une part faible (10%).
Les trois candidats vont, tour à tour, expliquer quelle part ils devraient avoir, et tenter de convaincre les autres de la répartition qui devrait, selon eux, être mise en place. Bon, en pratique, il y a de très fortes chances que ça se solde par du « Je veux la plus grosse part car je le mérite », donc autant dire que ça ne sert un peu à rien, à moins de tomber par miracle sur des candidats suffisamment humbles…
S’ils parviennent à se mettre d’accord, les gains sont alors répartis de la façon convenue ; mais si ce n’est pas le cas, un compte à rebours de 100 secondes se lance, et fait diminuer chaque part toutes les secondes, jusqu’à ce qu’ils se mettent d’accord sur une répartition (autrement dit, que des candidats cèdent et acceptent de prendre une part plus faible…). Si les candidats n’arrivent pas du tout à se mettre d’accord, et que les trois parts atteignent toutes zéro, la partie est perdue pour tout le monde.
Le compte à rebours est cependant mis en pause au bout de 50 secondes, afin que l’animateur puisse remuer le couteau dans la plaie rappeler aux candidats qu’ils ont déjà perdu la moitié de leur argent, avant de reprendre.

A droite, le montant de la cagnotte ; au milieu, les différentes parts, que les candidats devront se répartir. Volontairement inégales, histoire de faire du drama, bien sûr.

Gloups. Je ne vous cache pas que je ne me sentais pas très bien en découvrant la façon dont ce jeu se termine, tant j’ai trouvé ça violent et potentiellement injuste.
Bon, de base, j’ai toujours un léger arrière-goût un peu amer avec ce genre de jeu collaboratif qui vire au « chacun pour soi », dans la mesure où ils renvoient implicitement une morale où le mérite ne signifie finalement pas grand-chose, et qu’on peut parvenir à ses fins avec de la fourberie. Mais les autres jeux du genre que j’ai vus ne mettaient pas autant en avant cet aspect-là ; et, surtout, ils essayaient aussi de le contrebalancer.
Je peux vous citer Le maillon faible, dont la mécanique pousse à plutôt éliminer les meilleurs candidats vers la fin pour avoir ses chances de gagner ; mais qui propose quand même une avant-dernière manche où on n’a pas intérêt à avoir un niveau trop faible, au risque de gagner des clopinettes. Ou encore Volte-Face, où l’un des candidats devra forcément faire volte-face à un moment ou à un autre ; mais où il doit quand même répondre à une question pour pouvoir gagner (question avec un niveau de difficulté pensé en fonction des enjeux qui plus est). Ou encore Mission : 1 million, où éliminer des coéquipiers au fur et à mesure, c’est aussi prendre le risque de se priver d’aide potentielle pour progresser dans la pyramide de gains.

Mais ici, j’ai deux problèmes importants avec cette façon d’incorporer le côté stratégique.
Premièrement : contrairement aux jeux que je viens de citer, les choix faits dans Divided ne sont en rien contrebalancés par autre chose. Autrement dit, on peut avoir un glandeur dans le trio qui continuera à s’opposer à une solution, parce qu’il voudra le plus gros gain dur comme fer… et qui pourra l’obtenir si ses deux coéquipiers, pourtant plus méritants sur le papier, ont la faiblesse de l’accepter parce qu’ils veulent quand même rentabiliser leurs efforts.
Et deuxièmement : là où les exemples que j’ai cités précédemment incorporent la stratégie de façon fluide, dans Divided, je trouve ça juste complètement forcé. Après tout, le jeu aurait très bien pu s’arrêter juste après la salve de questions, avec des gains répartis équitablement en trois parts, voire éventuellement répartis selon les performances globales objectives. Or, ici, cette manche finale me donne surtout l’impression d’être sortie du chapeau magique par rapport au reste. On sent que c’est vraiment là histoire de créer du drama plus qu’autre chose. Même si j’imagine que la production a dû d’abord penser à cette conclusion avant de penser au reste du jeu, elle ne l’a malheureusement pas élaboré de façon harmonieuse avec ce qu’elle ambitionnait au départ.

Oh ben tiens quelle surpriiiiise, les trois candidats qui revendiquent la plus grosse part… ça aurait été plus étonnant qu’ils revendiquent tous la plus petite…
Sinon, il leur reste 85 secondes pour se mettre d’accord, mais personnellement, je m’en fous…

En fait, si ce point-là de Divided devait me rappeler une règle du même acabit d’un autre jeu TV, ce serait la réunion des ambassadeurs de Koh-Lanta : le passage du jeu où les deux équipes vont se réunifier, où elles vont chacune désigner un ambassadeur, et où ceux-ci vont devoir discuter, pour éliminer un candidat ; et où s’ils ne parviennent pas à se mettre d’accord sur un nom, un tirage au sort est effectué pour éliminer l’un des deux ambassadeurs.
En termes de drama, c’est évidemment du pain bénit pour la production, puisque ça pose un énorme dilemme pour les candidats ; et c’est bien pour ça que cet élément est présent dans les règles du jeu… mais personnellement, ça m’a toujours gêné (enfin, « toujours », surtout depuis que ça aboutit à l’élimination d’un candidat ; auparavant, ça lui ajoutait juste un vote pour le prochain Conseil, c’était moins radical et surtout rattrapable pour le candidat en question). Pas seulement pour le côté « dilemme de survie » assez cruel, avec le sort d’un candidat qui n’a potentiellement rien demandé en jeu qui peut voir son aventure s’arrêter sans qu’il ne puisse rien y faire ; mais aussi parce que je trouve justement cette règle sortie de nulle part, avec rien qui ne la justifie spécialement dans le déroulement global du jeu, si ce n’est la production qui a envie de nous faire détester des candidats et avoir de l’empathie pour d’autres.
Vraiment, la réunion des ambassadeurs de Koh-Lanta me renvoie ce sale arrière-goût de dilemme sadique gratuit offert par la production, et fait partie de l’ensemble de raisons qui font que je n’aime finalement pas Koh-Lanta. Autant je peux comprendre l’appel à la stratégie quand c’est finement amené ; autant les ambassadeurs font partie des moments où je trouve que c’est juste grossièrement sadique et détestable.

Après, je suis conscient que ce sont surtout mes goûts personnels qui parlent. Si vous n’êtes pas dérangé par cet aspect-là, tant mieux pour vous ; et j’imagine que ça doit être le cas de pas mal de monde, étant donné le nombre de saisons qu’a connu Koh-Lanta depuis le temps.
Mais personnellement, c’est vraiment quelque chose que je déteste voir dans un jeu TV. Et qui va finalement trancher sur mon appréciation globale…

Total : 8/20

Divided est un jeu qui porte au final très bien son nom, étant donné à quel point il se divise en deux parties dont j’ai une appréciation très inégale.
Phase finale mise à part, je n’ai pas grand-chose à reprocher au déroulement du jeu, ni à son côté collaboratif. Bon, ça n’a rien de spécialement original dans l’ensemble ; mais ça passe à peu près bien, en particulier avec l’idée de devoir se mettre d’accord pour répondre, et mettre la pression pour valider les réponses rapidement. Et si le jeu s’était arrêté là, je l’aurais trouvé très correct.
En revanche, je ne peux pas passer l’éponge sur cette fameuse phase finale, que j’ai très sincèrement détestée. Parmi tous les jeux collaboratifs qui se soldent par du « chacun pour soi » que j’ai pu voir jusqu’à présent, c’est très facilement celui qui m’a le plus mis mal à l’aise, de par le drame forcé et l’absence totale de contrepartie proposée par le format, qui en font juste un twist très mal amené. Et la raison pour laquelle je n’ai finalement pas aimé ce jeu, en dépit des 90% qui précèdent la façon de conclure qui m’ont davantage plu. Comme quoi, en seulement une petite poignée de minutes, on peut arriver à ruiner son appréciation d’un jeu entier…
Mais comme je le disais, si au contraire vous aimez les jeux type « dilemme de survie », c’est un aspect de Divided qui devrait certainement vous plaire. Personnellement, ce n’est clairement pas mon cas ; aussi, ce n’est pas un jeu que je me revisionnerai à l’avenir, même s’il venait à être adapté en France.

J’ai quand même envie de parler d’un concept mêlant collaboration et stratégie, mais d’une façon moins malsaine… et j’ai ma petite idée de candidat éligible. Rendez-vous la prochaine fois.

garsiminium

Enchanté, moi c'est garsim. Bienvenue sur mon blog, où je parle de différents sujets, légers comme moins légers.

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