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#036 – Au pied du mur (France 3)

Attendez… je n’avais pas déjà traité Au pied du mur, il y a plusieurs articles de cela ? Et depuis quand c’était diffusé sur France 3, alors que j’avais dit à l’époque que c’était un jeu de TF1 ?
… bon, en fait, 20 ans avant que TF1 ne lance son Au pied du mur à elle, France 3 avait tenté un jeu du même nom, diffusé durant quelques mois entre 1992 et 1993, et animé par Julien Lepers. Mais pour le coup, leur titre est bien la seule chose que ces deux jeux aient en commun (ça, plus le fait qu’ils n’aient pas forcément marqué le public ni tenu dans la durée).
Car Au pied du mur (France 3) est un jeu largement plus ancré dans sa période de diffusion, à savoir les années 90. Comprenez par là qu’on va avoir un déroulement global assez classique, avec des candidats qui s’éliminent au fur et à mesure sur plusieurs manches qui s’enchaînent, sans format feuilletonnant, sans système de champion mal foutu à la TLMVPSP, etc. Mais avec toutefois sa petite originalité dans son contenu, et c’est d’ailleurs bien pour ça que j’avais envie d’en parler.

La manche 1

Au pied du mur est un jeu original à plus d’un titre, puisque sa spécificité va consister à jouer avec des séquences vidéo (… ou un mur d’images, si vous préférez – il fallait bien justifier ce titre… – mais j’ai un peu du mal à appeler ça comme ça personnellement).
Le jeu va se décomposer en plusieurs manches, durant lesquelles un candidat sera éliminé à chaque fois.
La première manche se déroule à quatre candidats.

Le format de la première manche est assez classique : on pose une « question », le candidat qui pense avoir la réponse buzze ; il gagne un point si sa réponse est correcte, sinon il passe. Il ne suffit que d’un seul point pour pouvoir passer à la manche suivante.
Là où l’originalité va se situer, c’est au niveau des « questions » posées, puisqu’elles vont constituer en une séquence vidéo, qui montre un événement ou un fait à retrouver, en s’appuyant sur les images montrées.


La jauge qui se remplit sur la droite est un chronomètre. Si elle se remplit complètement, le temps imparti à la question est écoulé.

C’est original, même si la manche manque légèrement de rythme, à cause de la longueur des magnétos (cela dit, c’est à nuancer, car ça permet aussi au spectateur de réfléchir de son côté) et du fait que l’habillage sonore de l’émission restait assez pauvre (bon, c’était l’époque qui voulait ça, donc je n’en tiendrai pas trop rigueur).
Le seul vrai problème que je pourrais avoir avec cette manche, c’est le côté un peu « subjectif » des réponses attendues. En effet, même si la formulation de l’attendu reste relativement souple, la production attend quand même la plupart du temps certaines précisions, qui ne sont pas forcément explicitées par les images montrées aux candidats. Par conséquent, ce n’est pas rare que les candidats tournent autour du pot avant de formuler une réponse suffisamment proche de ce qui était attendu (voire se font refuser leur réponse), ce qui a un côté quelque peu frustrant à la longue. Voir piétiner les candidats pendant plus d’une minute sur une même question, on est loin de la fluidité du 9 points gagnant de QPUC…
En outre… c’est difficile de savoir véritablement ce qui est attendu. On peut tout à fait citer une réponse qui semble bien coller aux images montrées, sans que ce ne soit pourtant incohérent…

Notons toutefois que si une réponse n’est pas trouvée, une question subsidiaire est posée aux candidats : ils devront dater l’événement en question (ça se joue au buzzer encore une fois).
Celui qui trouve la bonne date passe à la manche suivante ; sinon, on prend le candidat dont la réponse était la plus proche.
Ce qui fait que la première manche ne jouera donc que sur trois événements différents… ça paraît peu, mais d’un autre côté, vu le temps qu’on passe dessus, ce n’est peut-être pas plus mal d’avoir préféré opter pour un format où les candidats sont directement qualifiés, plutôt que de proposer un nouveau mur d’images à chaque fois.

La manche 2

Pour la deuxième manche, le principe va être plus collaboratif.
Chacun leur tour, les candidats vont pouvoir regarder l’écran et les images qui s’affichent dessus ; et il devra les décrire à voix haute, devant ses deux adversaires, qui sont dos à l’écran.
Lorsque l’un de ses deux adversaires pense avoir trouvé l’événement en question, il buzze ; et s’il a la bonne réponse, il gagne des points, de même que celui qui a fait deviner la réponse. Chacun passe dans le rôle de celui qui fait deviner.

J’avoue que la deuxième manche m’a un peu pris par surprise, car je ne m’attendais pas à un concept collaboratif.
Ce qui est d’ailleurs original, car les jeux où les candidats doivent à la fois collaborer tout en pouvant gagner des points ensemble ne sont pas légion.

Alors, là encore, c’est un principe très créatif, surtout pour l’époque… mais là encore, il y a un côté très subjectif derrière ; et, surtout, l’impression d’un concept pas très au point.
En effet, le rôle de celui qui fait deviner est de décrire ce qu’il voit… mais est-ce qu’il peut dire la réponse, même sans le faire exprès, ce qui rend l’idée de faire deviner quelque peu caduque (pas complètement, étant donné que ça se joue à la rapidité entre les adversaires… mais quand même) ? Après tout, même inconsciemment, il est possible de dire, en décrivant les images, quelle est la nature de l’événement recherché…
Et c’est là qu’on voit les limites de cette mécanique à base d’images à décrypter. C’est certes plus original qu’une mécanique de Time’s up, mais c’est également un peu plus brouillon. Dans un Time’s up ou autres jeux du genre, celui qui fait deviner a la réponse sous les yeux, et des règles pour la faire deviner, afin qu’il ne puisse pas dire n’importe quoi (pas de mot de la même famille, pas de traduction en anglais, etc.). Ici, en revanche, il ne peut pas avoir directement la réponse sous les yeux ; ou sinon, les images à décrire deviendraient inutiles…
Honnêtement, vu comme ça, je ne vois pas trop comment on aurait pu corriger ce problème. Biper le candidat et annuler les points si, dans sa description, il donne inconsciemment la réponse ? Mouais, mais là encore, comme la réponse attendue reste assez subjective et avec un niveau de détail que les candidats n’ont pas…

En outre, celui qui fait deviner la réponse doit répondre à une question supplémentaire en rapport avec l’événement juste après, afin de pouvoir gagner un nouveau point.

La manche 3

En troisième manche, les deux candidats restants devront à nouveau, chacun leur tour, décrire les images qu’ils voient ; mais cette fois-ci, ce sera purement individuel.
Leur but sera de prononcer le plus de mots possibles parmi les quatre mots affichés à l’écran (sans qu’ils ne les sachent, bien entendu), sachant que ces mots correspondent à certains éléments qui sont affichés.
C’est un peu le même principe que la manche 2 de Les cinglés de la télé, si ce n’est qu’on remplace le nom d’une série par une séquence vidéo à décrire.


Les mots que le candidat doit citer passent en jaune lorsqu’ils ont été dits.

Et… mouais. Désolé de me répéter autant dans cette critique, mais devinez ce que je pense de cette manche : concept original, mais discutable dans son exécution à cause de sa subjectivité. En fait, il y a un côté un peu « aléatoire », dans la mesure où on ne peut pas vraiment précisément deviner quels mots seront ceux que la production aura choisi. Ce n’est pas non plus complètement hasardeux, puisqu’il suffira aux candidats d’être particulièrement verbeux et d’avoir un vocabulaire varié pour maximiser leurs chances de trouver les réponses, certes.

En cas d’égalité (notons que les scores de cette manche sont cumulés avec ceux de la manche précédente), une question subsidiaire est posée, en rapport avec l’un des événements que l’on vient de voir.

La finale

Le candidat qui a gagné la manche précédente peut disputer la finale… qui va être très rapide.
On va montrer une séquence vidéo de 20 secondes au candidat, et il devra dire de quoi il s’agit. Voilà. On reste toujours dans le thème certes, mais ça reste un peu expéditif comme façon de conclure le programme, si vous voulez mon avis…

Total : 10,5/20

Au pied du mur est un jeu que je retiens davantage positivement pour ses intentions de base que pour l’exécution de son concept.
Si l’idée de jouer avec des extraits vidéo est plutôt créative (surtout pour l’époque), avec des concepts de manches assez originaux et variés pour exploiter ce concept, ils peinent cependant à pleinement convaincre en pratique ; ce qui me donne au global l’impression d’un jeu intéressant à découvrir, mais pas non plus très au point. Et honnêtement… j’aurais du mal à dire s’il y avait moyen de faire quelque chose de mieux rôdé avec ce genre de concept, afin de pallier son principal défaut qui est la subjectivité de ses réponses attendues. Si ça ne vous gêne pas plus que ça, tant mieux, vous serez sans doute davantage aptes à apprécier le concept.
Je respecte les ambitions derrière cette émission, qui méritent qu’on lui prête un coup d’oeil pour avoir tenté de faire quelque chose d’original ; mais je comprends qu’elle n’ait pas plus marqué le public que ça.

On ne va pas changer de période ni de thématique pour la prochaine fois : on va rester sur les années 90, et sur un jeu qui traite lui aussi de différents événements… mais avec un principe beaucoup plus solide.

garsiminium

Enchanté, moi c'est garsim. Bienvenue sur mon blog, où je parle de différents sujets, légers comme moins légers.

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