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#011 – 1 contre 100

On continue dans la lignée de la critique précédente, avec un jeu qui exploite à nouveau le concept d’un cadidat, seul, face à un « mur » de candidats qu’il devra éliminer.
Mais avant de commencer, je tiens à mettre quelque chose au clair. Si j’ai décidé de traiter séparément Un contre tous et 1 contre 100, c’est parce que :

  • d’une part, malgré des concepts similaires, leurs règles présentent suffisamment de différences pour que je parle des deux programmes de façon détaillée ;
  • d’autre part, contrairement à certaines sources que j’ai pu lire sur le web, 1 contre 100 n’est PAS un remake de Un contre tous.
    En effet, Un contre tous est l’adaptation du jeu belge Septante et un originellement sorti en 2003, et a été produit par Reservoir Prod ; quant à 1 contre 100, il s’agit d’une production Endemol adaptée du jeu néerlandais Eén tegen 100. Peut-être y a-t-il eu une inspiration officieuse entre ces deux concepts ; mais toujours est-il qu’officiellement, ce sont deux concepts à part.

Et lorsque je tente de chercher des informations sur Un contre tous sur Wikipédia (malheureusement, vu la courte durée du jeu et son manque d’impact, ça a été difficile de chercher d’autres sources sur le web), ça m’a agacé de voir que ce jeu n’avait pas d’article consacré, et qu’il fallait consulter l’article sur 1 contre 100 pour avoir des informations partiellement fausses à ce sujet… article qui prétendait qu’Un contre tous n’était ni plus ni moins que l’ancienne version de ce jeu. Heureusement que l’article sur Septante et un existait pour donner des informations plus fiables…

Bref. En dépit d’un concept de base commun, je pourrais résumer la différence fondamentale entre les deux concepts en une phrase : Un contre tous est un format épisodique, tandis qu’1 contre 100 est un format feuilletonnant. Ce qui change pas mal de choses, comme on va pouvoir le constater…

Un principe de base

Dans les grandes lignes, le concept reste le même, d’où la comparaison entre les deux jeux qui reste légitime.
On a toujours un candidat sur le plateau, dont le but est d’éliminer les membres du mur de candidats à chaque question (ici, je vais désigner le candidat sur le plateau par « le candidat », et le mur de candidats par « le mur »).
Lors de chaque question (ici encore, les questions sont à choix multiples, avec là encore 3 possibilités de réponse), le mur dispose de quelques secondes pour y répondre. Et chaque membre du mur qui répond incorrectement ou ne répond pas à la question est mis hors jeu pour le reste de la partie (mais cette fois-ci, pas de possibilité de repêchage, il faudra attendre un nouveau candidat pour qu’un éliminé puisse rejouer).
Chaque question est là encore l’occasion de faire grimper une cagnotte, qui sera soit remportée par le candidat, soit par le mur (… soit par les deux, mais on y reviendra).

Passons à présent aux différences.
Dans 1 contre 100, la cagnotte n’est cette fois-ci pas alimentée par les bonnes réponses du candidat, mais par les erreurs du mur.
Pour chaque question, le nombre d’éliminés sera multiplié par le montant indiqué par la pyramide des gains (ce montant augmentera à chaque question), et le montant ainsi calculé se rajoutera à la cagnotte.
Si le candidat parvient en revanche à éliminer l’intégralité des membres du mur (et à ne pas se tromper), il remportera la somme forfaitaire de 200 000 €.


La première question rapporte 100 euros par membre du mur éliminé, la deuxième question 150 euros par éliminé, etc. A partir de la 11e question, chaque éliminé rapportera systématiquement 1000 euros.

Cette fois-ci, la réponse du candidat n’influence donc pas le montant de la cagnotte ; en revanche, les erreurs de sa part seront beaucoup plus sévèrement sanctionnées. En effet, si le candidat se trompe à une question… il est tout simplement éliminé, et le montant de la cagnotte est alors réparti entre les membres du mur encore en lice !
Le but du candidat sera donc de ne tout simplement jamais se tromper.

Contrairement à Un contre tous, ici, il n’y a pas de nombre limité de questions pour que le candidat puisse éliminer tous les membres du mur ; ce qui implique que, cette fois-ci, le format n’est pas épisodique (c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’équivalent « une émission = le parcours d’un candidat »), mais feuilletonnant, et qu’on peut être amené à suivre deux émissions distinctes pour suivre le parcours d’un candidat (comme pour Qui veut gagner des millions ?).
Donc le candidat pourra prendre tout son temps pour éliminer tous les membres du mur, ce qui sera plus équitable que dans Un contre tous.
Mais la contrepartie est que, cette fois-ci, le candidat n’a jamais droit à l’erreur, au risque d’être éliminé de façon immédiate et de repartir les mains vides.


1250 euros de plus dans la cagnotte, que le candidat pourra remporter… si lui-même a bien répondu à la question.

Dans l’absolu, je trouve que cette façon de faire est plus solide que celle de Un contre tous, puisqu’ici, le candidat peut s’assurer d’avoir tout le temps nécessaire pour éliminer l’intégralité du mur ; en outre, je trouve légèrement plus logique de faire dépendre le gain final du nombre de personnes éliminées, pour mettre davantage l’accent sur la confrontation candidat/mur.
Bon, je pourrais chipoter sur un cas théorique, où le candidat et au moins un membre du mur ne se tromperaient jamais… mais soyons justes, ça a vraiment beaucoup trop peu de chances d’arriver pour que je puisse considérer ça comme un défaut de mécanique.

C’est déjà un avantage de plus pour le candidat par rapport à Un contre tous… mais c’est loin d’être le seul.

Une mécanique globale plus avantageuse pour le candidat

Alors que Un contre tous avait plutôt tendance à avantager le mur, dans 1 contre 100 la balle est plutôt dans le camp du candidat cette fois-ci.
En fait, le candidat n’a que deux « désavantages » par rapport à Un contre tous.
Premièrement : il n’a pas le choix du thème des questions posées. Toutes les questions sont décidées à l’avance. En revanche, leur niveau montre progressivement, au fur et à mesure que le jeu avance.
Secondement : comme je l’ai dit plus haut, le candidat perd automatiquement et repart bredouille à la moindre erreur de sa part, là où dans Un contre tous il pouvait quand même avoir un lot de consolation s’il ne parvenait pas à éliminer tout le monde.

Mais en dehors de ces aspects-là, il a quand même pas mal d’avantages.
Déjà, contrairement au mur qui n’a que quelques secondes, il dispose de tout son temps pour pouvoir répondre à la question posée.

Et, après chaque question, il pourra décider, soit de s’arrêter là et de repartir avec le montant déjà accumulé, soit de choisir le mur et de continuer à jouer.


Une fois la question jouée, l’animateur propose au candidat : l’argent… ou le mur !

Vu comme ça, c’est cette fois-ci le mur qui devrait se sentir davantage lésé, puisque le candidat peut décider à tout moment de s’arrêter et donc de ne pas laisser au mur l’occasion de remporter quelque chose… malgré des éléments du mur encore méritants pour être restés en lice aussi longtemps. Là encore, en termes de scénario théorique idéal, on n’est pas sur une mécanique parfaitement au point, et l’émission a intérêt à avoir des candidats suffisamment joueurs pour qu’elle puisse avoir du contenu intéressant à montrer. Et, non, invoquer la couardise du candidat de la part du mur s’il décide de s’arrêter pour l’inciter à continuer ne compte pas…
C’est d’ailleurs un point qui sera plus ou moins corrigé dans Au pied du mur quelques années plus tard.

En outre, le candidat dispose cette fois-ci, non pas d’un seul, mais de trois jokers. Ceux-ci ont néanmoins la particularité de devoir être utilisés dans l’ordre donné… mais bon, étant donné que le candidat part du plus avantageux pour finir sur le moins avantageux, ça reste assez logique.
Les trois jokers sont les suivants :

  • Je passe : le candidat passe la question, mais remporte tout de même les gains liés aux mauvaises réponses données par le mur.
    Disons-le tout de suite, c’est le joker le plus abusé dont le candidat dispose…
  • La seconde chance : le candidat peut, s’il a un doute, utiliser ce joker pour valider une deuxième réponse, si celle à laquelle il pense n’est pas la bonne.
    C’est déjà plus raisonnable.
  • Qui pense comme moi : le candidat peut proposer une réponse, et voir quels candidats du mur ont répondu comme lui. Il peut éventuellement changer sa réponse en conséquence.
    Ce joker est celui qui se rapproche le plus du « Blik » de Un contre tous ; et, à l’instar de celui-ci, exploite un peu plus le fait d’avoir un panel, ce qui est appréciable. Néanmoins, le fait de devoir être systématiquement utilisé en troisième lui enlève légèrement de l’intérêt, alors que le nombre de personnes du mur encore en lice est théoriquement moindre…

Bref, pas mal de choses pour que le candidat puisse s’en sortir au profit du mur (surtout avec le premier joker), en dépit du fait que le candidat ne choisisse pas le thème des questions.


Plus que 7 membres du mur à éliminer.

Néanmoins, il existe tout de même un cas de figure où le mur peut avoir l’avantage.
En effet, le candidat peut décider de s’arrêter à tout moment, y compris pendant une question… mais dans ce cas précis, en contrepartie, il ne pourra repartir qu’avec 25% de ses gains, les 75% restants étant alors partagés entre les membres du mur encore en lice. Du coup, ça rend le slogan « Soit vous gagnez, soit ils gagnent ! » un peu mensonger, puisqu’il existe un cas de figure où les deux peuvent gagner, techniquement… mais c’est du chipotage.
Même si le candidat est plutôt avantagé le reste du temps, cette particularité est plutôt astucieuse pour moi, et propose un bon compromis entre les intérêts du candidat et ceux du mur.

En fait, je trouve qu’on aurait même pu l’élargir à la mécanique globale, en proposant au candidat de certes pouvoir s’arrêter à tout moment, mais de laisser un pourcentage de sa cagnotte au mur en contrepartie (un pourcentage moins élevé que pour un arrêt en cours de question, bien sûr, 50% me semble déjà être un bon compromis). Si le jeu avait fait ça, je pense qu’on aurait pu avoir la version du concept « affrontement d’un candidat contre un mur » la plus au point du lot.

L’ambiance

Bon, en dehors des variations sur le concept, il y a bien évidemment un autre élément qui va différencier Un contre tous de 1 contre 100 : son ambiance. Forcément, c’est difficile d’imaginer un jeu de France 3 avoir la même ambiance qu’un jeu de TF1, et vice-versa… (mais ce serait amusant, juste pour voir la réaction du public)
Même si, comme je le disais dans ma critique précédente, Un contre tous est plutôt inhabituellement ambiancé pour un jeu de France 3. Mais toujours bien moins que ne l’est 1 contre 100


C’est une disposition plutôt impressionnante, non ?

Evidemment, TF1 ayant un budget plus conséquent que France 3, et la case horaire n’étant pas la même, on sent que beaucoup de moyens ont été mis en avant pour que TF1 puisse se la péter un peu…
Donc à la place d’un amphithéâtre de faculté, les membres du mur sont disposés de façon plus verticale, plus « oppressante », avec des cases isolées, qui pourront changer de couleur selon les réponses données. On sent qu’il y a clairement davantage d’ambitions mises en œuvre.

Le jeu est feuilletonnant, et propose de suivre plusieurs candidats sur une même émission ; toutefois, le mur reste à l’identique pendant une semaine. Chaque lundi, le mur est renouvelé avec 100 autres candidats.
Si d’aventure le parcours d’un candidat entamé le vendredi soir devait se poursuivre, son parcours est terminé le lundi suivant, et le mur est renouvelé en cours d’émission par la magie du montage.

En outre, on jouera également davantage sur les personnes présentes dans le mur.
Notamment, certaines personnes ou certains groupes seront davantage mis à l’honneur, souvent par rapport à leur métier ou leur hobby (par exemple, un groupe de chefs d’entreprise, un groupe de culturistes, un groupe d’experts en Rubik’s Cube, un chercheur, un champion d’échecs…). Ca n’apporte rien à la mécanique globale, mais j’imagine que ça permettait de meubler un peu l’émission avec un supplément d’ambiance et de réparties animateur/mur…


… je vous rassure, même si on est sur TF1, ceci est un cas de sélection désespérante plutôt extrême. La plupart du temps, on a des idées de groupes moins pathétiques que ça.

Mais il y a aussi systématiquement une célébrité, qui jouera pour une association. Là, en revanche, c’est déjà plus intéressant de glisser un autre enjeu, et c’est une façon plus réfléchie de jouer sur la diversité du mur… même si, à cause de la mécanique en la faveur du candidat, on a toujours le problème potentiel du membre du mur qui peut repartir bredouille indépendamment de sa volonté, et qui sera d’autant plus frustrant pour l’association représentée. Bon, après, ça reste léger, vu que ça ne concerne qu’un seul membre du mur.

Et sinon, c’est là encore spécifique à TF1 et ça n’a là encore aucune chance d’être vu sur France 3, mais on jouera davantage sur l’excentricité des gens et la volonté d’ambiancer le plateau. D’ailleurs, l’animation de Benjamin Castaldi en est plutôt représentative : il mène bien la barque, même si par moments ça peut devenir un peu ennuyeux quand il se lance dans du blabla avec le mur ou accompagne certains délires.
Et, comme pour un certain nombre de jeux de TF1, ça peut devenir un peu gavant quand on pousse l’ambiance un peu trop loin… ça n’est heureusement pas systématique, mais ça peut devenir un peu chiant quand ça arrive.
Pour ma part, je ne vous cache pas que, même si j’arrivais à supporter l’ambiance la plupart du temps, il y avait quand même deux ou trois fois où ça me gavait un peu qu’on se focalise un peu trop sur les excentricités du mur. Même si parfois ça pouvait être intéressant (comme la fois où un expert du Rubik’s Cube en a résolu un les yeux bandés), ces moments de divertissement exacerbé pouvaient prendre un peu trop le pas sur les moments de jeu… et ça, c’est quelque chose qui me gêne toujours quelque peu.

Total : 12,5/20

1 contre 100 est un autre plutôt bon exemple de programme qui propose une confrontation candidat/mur. Même si sa mécanique est perfectible et que son ambiance est un peu trop prononcée à mon goût, ce jeu reste suffisamment solide pour tenir la route et être un bon divertissement d’access prime-time.

Au final, c’est un peu difficile pour moi de départager Un contre tous et 1 contre 100.
Le premier a eu le mérite d’arriver avant l’autre, mais le second affiche des ambitions plus fortes ; le premier a le léger inconvénient de favoriser le mur, mais le second a l’inconvénient réciproque de favoriser un peu plus le candidat ; 1 contre 100 est plus ambiancé, mais c’est une ambiance plutôt archétypale de TF1 avec ce que ça implique, positivement comme négativement…
Bref, votre préférence ira très probablement à celui qui sera diffusé sur la chaîne qui vous correspondra le plus. Si vous préférez regarder quelque chose de plus posé, comme la plupart des jeux de France 3, vous préférerez probablement Un contre tous (même s’il est exceptionnellement plus ambiancé que la moyenne des jeux de la chaîne) ; si vous préférez profiter d’une ambiance plus marquée et d’enjeux plus forts, comme ce qu’on a l’habitude de voir sur TF1, 1 contre 100 aura probablement votre préférence.

… ou alors, si vous préférez l’ambiance façon Reichmann (ce qui n’est pas trop mon cas personnellement…), vous aurez également une troisième option, sur laquelle je me pencherai davantage la prochaine fois.

garsiminium

Enchanté, moi c'est garsim. Bienvenue sur mon blog, où je parle de différents sujets, légers comme moins légers.

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