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#011 – 1 contre 100

Mmh. Vous avez déjà vécu cette sensation d’avoir été très pris par une œuvre lors de sa sortie (oui, je considère les jeux TV comme des œuvres…) ; mais d’avoir été déçu lorsque vous vous êtes repenché dessus ? Parce que c’est un peu mon cas avec le jeu d’aujourd’hui…

1 contre 100 est un jeu qui fut lancé par TF1 début 2007 ; et qui a connu deux salves de tournage (avec une interruption pour les quotidiennes de la Star Academy en fin d’année 2007), avant de s’arrêter en avril 2008. En fait, bien qu’il eût très bien fonctionné en audience lors de sa première année, il s’est en revanche pris la concurrence de M6 de plein fouet l’année suivante, et a été déprogrammé très rapidement face à Un dîner presque parfait (qui fut un vrai phénomène pour l’époque, à tel point qu’il aura lancé un nouveau genre de programme à part entière… dont on aura beaucoup bouffé lors de la décennie suivante. Mais c’est une autre histoire). Alors qu’il restait pourtant des épisodes en stock, qui n’auront par conséquent jamais été diffusés…
Et, contrairement à ce que son titre peut laisser penser (de même qu’une page Wikipédia qui est tombée dans le panneau…) : non, ce n’est pas un remake de Un contre tous. Même si le concept est très similaire, Un contre tous est l’adaptation du jeu belge Septante et un originellement sorti en 2003, et produit par Reservoir Prod ; alors que 1 contre 100 est une production Endemol, adaptée du jeu néerlandais Eén tegen 100, originellement sorti en 2000 (et donc arrivée chez nous bien plus tardivement). Peut-être y a-t-il eu une inspiration officieuse entre ces deux concepts ; mais toujours est-il qu’officiellement, ce sont deux concepts à part. Et la différence entre les deux tient en une phrase : 1 contre 100 est un jeu feuilletonnant, mais Un contre tous ne l’est pas.

Bref. Je disais donc qu’à l’époque de sa sortie, j’étais plutôt bien pris dans mon visionnage ; et alors que les archives télévisuelles de ce jeu étaient encore rares lorsque j’ai démarré mes critiques, le peu que j’avais pu revoir semblait plutôt conforme à mes souvenirs.
En revanche, depuis le temps, des émissions complètes ont été postées (avec une bien meilleure qualité d’image que les extraits que j’avais pu trouver, ça tombait bien, ça allait me faire des illustrations plus jolies). Et… j’ai revu le jeu à la baisse. Aïe.
Cela dit, je ne l’ai pas non plus soudainement détesté. Aussi, avant de passer aux aspects qui fâchent, je vais d’abord présenter le concept (et ce qui me plaît dedans) plus en détail.

Le principe de base

Dans les grandes lignes, le concept reste le même que celui de Un contre tous, d’où la comparaison entre les deux jeux qui reste légitime d’un certain point de vue.
On a toujours un candidat sur le plateau, dont le but est d’éliminer les membres du mur de candidats à chaque question (ici, je vais désigner le candidat sur le plateau par « le candidat », et le mur de candidats par « le Mur »).
Lors de chaque question (ici encore, les questions sont à choix multiples, avec là encore 3 possibilités de réponse), le mur dispose de quelques secondes pour y répondre. Et chaque membre du Mur qui répond incorrectement ou ne répond pas à la question est mis hors jeu pour le reste de la partie (mais cette fois-ci, pas de possibilité de repêchage, il faudra attendre un nouveau candidat pour qu’un éliminé puisse rejouer).
Chaque question est là encore l’occasion de faire grimper une cagnotte, qui sera remportée soit par le candidat, soit par le Mur ; mais aussi possiblement par les deux, ou par… personne. De fait, le slogan officiel de l’émission « Soit vous gagnez, soit ils gagnent ! » est plutôt mensonger, puisque les deux parties peuvent tout aussi bien perdre ou gagner simultanément.

Passons à présent aux différences.
Dans 1 contre 100, la cagnotte n’est cette fois-ci pas alimentée par les bonnes réponses du candidat, mais par les erreurs du Mur.
Pour chaque question, le nombre d’éliminés sera multiplié par le montant indiqué par la pyramide des gains (ce montant augmentera à chaque question), et le montant ainsi calculé se rajoutera à la cagnotte.
Si le candidat parvient en revanche à éliminer l’intégralité des membres du Mur (et à ne pas se tromper), il remportera la somme forfaitaire de 200 000 €.


La première question rapporte 100 euros par membre du mur éliminé, la deuxième question 150 euros par éliminé, etc. A partir de la 11e question, chaque éliminé rapportera systématiquement 1000 euros.

Cette fois-ci, la réponse du candidat n’influence donc pas le montant de la cagnotte ; en revanche, les erreurs de sa part seront beaucoup plus sévèrement sanctionnées. En effet, si le candidat se trompe à une question… il est tout simplement éliminé, et le montant de la cagnotte est alors réparti entre les membres du Mur encore en lice !
Le but du candidat sera donc de ne tout simplement jamais se tromper.

Contrairement à Un contre tous, ici, il n’y a pas de nombre limité de questions pour que le candidat puisse éliminer tous les membres du mur ; ce qui implique que, cette fois-ci, le format n’est pas épisodique (c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’équivalent « une émission = le parcours d’un candidat »), mais feuilletonnant, et qu’on peut être amené à suivre deux émissions distinctes pour suivre le parcours d’un candidat (comme pour Qui veut gagner des millions ?).
Donc le candidat pourra prendre tout son temps pour éliminer tous les membres du Mur, ce qui sera plus équitable que dans Un contre tous.
Mais la contrepartie est que, cette fois-ci, le candidat n’a jamais droit à l’erreur, au risque d’être éliminé de façon immédiate et de repartir les mains vides.

La question posée est la deuxième dans l’échelle de gains, chaque membre du Mur éliminé (ceux-ci apparaissent progressivement en rouge) rapporte 150 € de plus dans la cagnotte.

Dans l’absolu, je trouve que cette façon de faire est plus solide que celle de Un contre tous ; puisqu’ici, le candidat peut s’assurer d’avoir tout le temps nécessaire pour éliminer l’intégralité du mur. En outre, je trouve légèrement plus logique de faire dépendre le gain final du nombre de personnes éliminées, pour mettre davantage l’accent sur la confrontation candidat/Mur.
Bon, je pourrais chipoter sur un cas théorique, où le candidat et au moins un membre du Mur ne se tromperaient jamais… mais soyons juste, ça a vraiment beaucoup trop peu de chances d’arriver pour que je puisse considérer ça comme un défaut de mécanique.

C’est déjà un avantage de plus pour le candidat par rapport à Un contre tous… mais c’est loin d’être le seul.

Une mécanique globale plus avantageuse pour le candidat

Alors que Un contre tous avait plutôt tendance à avantager le Mur, dans 1 contre 100 la balle est plutôt dans le camp du candidat cette fois-ci.
En fait, le candidat n’a que deux « désavantages » par rapport à Un contre tous.
Premièrement : il n’a pas le choix du thème des questions posées. Toutes les questions sont décidées à l’avance. En revanche, leur niveau montre progressivement, au fur et à mesure que le jeu avance.
Secondement : comme je l’ai dit plus haut, le candidat perd automatiquement et repart bredouille à la moindre erreur de sa part, là où dans Un contre tous il pouvait quand même avoir un lot de consolation s’il ne parvenait pas à éliminer tout le monde.

Mais en dehors de ces aspects-là, il a quand même pas mal d’avantages.
Déjà, contrairement au Mur qui n’a que quelques secondes pour pouvoir répondre à la question posée (et à Un contre tous où il répond pendant le temps de réflexion alloué au Mur), il dispose de tout son temps une fois que celui-ci y a répondu.

Et, après chaque question, il pourra décider, soit de s’arrêter là, et de repartir avec le montant déjà accumulé ; soit de choisir le Mur, et de continuer à jouer.


Une fois la question jouée, l’animateur propose au candidat : l’argent… ou le Mur !

Vu comme ça, c’est cette fois-ci le Mur qui devrait se sentir davantage lésé, puisque le candidat peut décider à tout moment de s’arrêter et donc de ne pas laisser au Mur l’occasion de remporter quelque chose… malgré des éléments du Mur encore méritants pour être restés en lice aussi longtemps. Là encore, en termes de scénario théorique idéal, on n’est pas sur une mécanique parfaitement au point, et l’émission a intérêt à avoir des candidats suffisamment joueurs pour qu’elle puisse avoir du contenu intéressant à montrer. Et, non, invoquer la couardise du candidat de la part du Mur s’il décide de s’arrêter pour l’inciter à continuer ne compte pas…
C’est d’ailleurs un point qui sera plus ou moins corrigé dans Au pied du mur quelques années plus tard.

En outre, le candidat dispose cette fois-ci, non pas d’un seul, mais de trois jokers. Ceux-ci ont néanmoins la particularité de devoir être utilisés dans l’ordre donné… mais bon, étant donné que le candidat part du plus avantageux pour finir sur le moins avantageux, ça reste assez logique.
Les trois jokers sont les suivants :

  • Je passe : le candidat passe la question, mais remporte tout de même les gains liés aux mauvaises réponses données par le mur.
    Disons-le tout de suite, c’est le joker le plus abusé dont le candidat dispose…
  • La seconde chance : le candidat peut, s’il a un doute, utiliser ce joker pour valider une deuxième réponse, si celle à laquelle il pense n’est pas la bonne.
    C’est déjà plus raisonnable.
  • Qui pense comme moi : le candidat peut proposer une réponse, et voir quels candidats du Mur ont répondu comme lui. Il peut éventuellement changer sa réponse en conséquence.
    Ce joker est celui qui se rapproche le plus du « Blik » de Un contre tous ; et, à l’instar de celui-ci, exploite un peu plus le fait d’avoir un panel, ce qui est appréciable. Néanmoins, le fait de devoir être systématiquement utilisé en troisième lui enlève légèrement de l’intérêt, alors que le nombre de personnes du mur encore en lice est théoriquement moindre…
Le « Qui pense comme moi ? » à l’oeuvre. Le candidat a choisi une réponse hypothétique, et voit les membres du Mur qui ont répondu celle-ci (en jaune). On ne sait pas en revanche si la réponse est la bonne.

Bref, pas mal de choses pour que le candidat puisse s’en sortir au profit du Mur (surtout avec le premier joker), en dépit du fait que le candidat ne choisisse pas le thème des questions.

Néanmoins, il existe tout de même un cas de figure où le mur peut avoir l’avantage.
En effet, le candidat peut décider de s’arrêter à tout moment, y compris pendant une question… mais dans ce cas précis, en contrepartie, il ne pourra repartir qu’avec 25% de ses gains, les 75% restants étant alors partagés entre les membres du mur encore en lice.
Même si le candidat est plutôt avantagé le reste du temps, cette particularité est plutôt astucieuse pour moi, et propose un bon compromis entre les intérêts du candidat et ceux du mur.

En fait, je trouve qu’on aurait même pu l’élargir à la mécanique globale, en proposant au candidat de certes pouvoir s’arrêter à tout moment, mais de laisser un pourcentage de sa cagnotte au mur en contrepartie (un pourcentage moins élevé que pour un arrêt en cours de question, bien sûr, 50% me semble déjà être un bon compromis). Si le jeu avait fait ça, je pense qu’on aurait pu avoir la version du concept « affrontement d’un candidat contre un mur » la plus au point du lot.

Ah, et un dernier détail, qui va un peu de soi : si, sur une question, les derniers membres du Mur encore en lice sont éliminés, mais que le candidat y a également répondu faux, personne ne gagne rien. Bref, comme je le disais, le slogan « Soit vous gagnez, soit ils gagnent ! » est plutôt à côté de la plaque, compte tenu des scenarii alternatifs.

La disposition du Mur

On va rapidement terminer le comparatif avec Un contre tous en parlant d’éléments plus superficiels.
Évidemment, TF1 ayant un budget plus conséquent que France 3, et la case horaire n’étant pas la même, on sent que beaucoup de moyens ont été mis en avant pour que TF1 puisse se la péter un peu… mais ça sert les ambitions du jeu, donc je ne m’en plaindrai clairement pas.

A la place de l’amphithéâtre de faculté de Un contre tous, les membres du Mur sont ici disposés de façon plus verticale, plus « oppressante », avec des cases isolées, qui pourront changer de couleur selon les réponses données. On sent qu’il y a clairement davantage d’ambitions mises en œuvre.

Plutôt impressionnant, vu comme ça.

Le jeu est feuilletonnant, et propose de suivre plusieurs candidats sur une même émission ; toutefois, le mur reste à l’identique pendant une semaine. Chaque lundi, le mur est renouvelé avec 100 autres candidats.
Si d’aventure le parcours d’un candidat entamé le vendredi soir devait se poursuivre, son parcours est terminé le lundi suivant, et le mur est renouvelé en cours d’émission par la magie du montage.

Par ailleurs, on joue également sur certains membres du Mur à chaque fois.
En règle générale, trois groupes de membres du Mur sont mis en avant (parfois des candidats pris individuellement), ainsi qu’une célébrité (sauf dans les premières émissions).
Parmi les groupes, on retrouve généralement des gens regroupés par métier ou hobby ; par exemple, des coiffeur(se)s, des culturistes, des tatoué(e)s, des twirleur(se)s, des chef(fe)s d’entreprise, des expert(e)s du Rubik’s Cube, un(e) chercheur(se)…
Au passage, on a quasi-systématiquement un groupe (ou un candidat) qui représente un hobby ou un métier plus « intellectuel » (chercheur, champion d’échecs, chef d’entreprise, statisticien…). Histoire que l’émission paraisse moins stupide (je vais y revenir…) qu’elle ne l’est ? Ou pour mieux se moquer d’eux en cas de mauvaise réponse ? Je ne serais pas étonné que ce soit les deux…

Malheureusement, il y a des fois où l’on se retrouve avec des groupes de candidats de cet acabit-là... c’est quand même vraiment dingue (et profondément navrant) de voir à quel point TF1 pouvait être fière de L’île de la tentation, à l’époque, au point d’en faire la « promotion » dans ce jeu-là…

Et concernant la célébrité, celle-ci joue pour une association. Donc ses gains (si elle reste dans le Mur) seront reversés à une association présentée au préalable.
C’est une bonne intention, qui joint l’utile à l’agréable. En règle générale, je suis assez peu fan des people dans les jeux TV ; mais, ici, leur présence est assez discrète. On rappelle qu’ils existent de temps à autre ; mais de la même façon que les autres groupes mis en exergue.
Le seul petit reproche que je pourrais faire à ce sujet, c’est qu’un seul membre du Mur pour défendre l’association, ça risque de ne pas lui faire beaucoup de sous… surtout vu que les gains sont divisés par deux (j’y reviendrai aussi…). Pour une fois, je n’aurais pas été contre un peu plus de people pour avoir plus de gains potentiels.

L’ambiance et le niveau…

Bon, jusqu’ici, j’ai été plutôt positif sur le concept ; et si, effectivement, je n’avais eu que ces éléments-là à relever, j’aurais trouvé le jeu sincèrement bon (même si perfectible sur les bords).
Mais j’ai un problème de taille, qui tient en trois caractères : TF1…

Alors, oui, à l’époque, j’étais sans doute un peu moins regardant sur l’aspect qualitatif des jeux ; et, forcément, j’avais dû en garder un bon souvenir, sans me rappeler que, par moments, ce jeu pouvait être… très stupide.
Et pourtant, j’aurais dû me méfier, car c’était une constante parmi pas mal de jeux de TF1 des années 2000. Hormis Qui veut gagner des millions ? qui a réussi à y échapper (si on ne compte pas les questions posées avant le premier palier…), on sentait que TF1 ne cherchait pas spécialement à caster les candidats (pour ce jeu, je parle au sens large, donc ça inclut le Mur) selon leur intelligence… et 1 contre 100 n’y a pas échappé.

En fait, ce qui me gêne particulièrement ici, c’est qu’à l’instar de pas mal d’autres productions de l’époque, TF1 semblait mettre un point d’honneur à mettre en avant la stupidité potentielle ; que ce soit celle des candidats, ou bien celle de certaines questions posées.
Bon, à ce niveau-là, nuançons tout de même un point : à l’instar de QVGDM, les premières questions posées lors d’une partie sont volontairement simples, car les enjeux sont moins élevés. Pourquoi pas.
En revanche, ce que j’ai pu trouver hallucinant, c’est de voir des candidats qui se plantent sur des questions aussi simples, quoi… mais pas d’une façon rare, d’une façon qui ne devrait normalement pas être aussi fréquente pour un jeu qui se respecte.
Est-ce que c’est la “malédiction” des jeux à la Que le meilleur gagne ! qui veut ça ? Je reparlerai de ce jeu plus en détail dans quelques critiques ; mais dans celui-là aussi, ce n’est malheureusement pas rare de voir des candidats se planter sur des questions simples.
Et au-delà de ça, on a aussi des questions plus compliquées… mais pas spécialement intéressantes, et un peu trop superficielles pour susciter de l’intérêt.

Comme si ça ne suffisait pas de faire jouer le casting de cette émission infâme, il leur a également fallu poser une question là-dessus.
Et le pire, c’est que seuls 5 membres du Mur sur les 46 ne connaissaient pas la réponse !
(Ainsi que la candidate, mais franchement, je ne lui en veux aucunement pour ça…)
En revanche, savoir quelle couleur on obtient en mélangeant du rouge et du bleu, ça, il y a beaucoup moins de monde qui le sait, candidate comprise !
(Ce n’est pas visible sur la capture d’écran ; mais pour information, 29 membres du Mur avaient séché sur cette question, quand même…)
Au passage, il y a une émission pour laquelle je suis tombé sur cette information… mais ça ne justifie toujours pas que 29 membres du Mur n’aient pas su quelle couleur on obtient en mélangeant du rouge et du bleu, parce que ça c’est niveau primaire quand même.

Parce qu’à côté de ça, en contrepartie, on cherche également à mettre en avant une certaine ambiance, là encore assez typique de la plupart des jeux TF1 de l’époque. Ainsi, on jouera davantage sur l’excentricité des gens et la volonté d’ambiancer le plateau. D’ailleurs, l’animation de Benjamin Castaldi en est plutôt représentative : il mène bien la barque, même si par moments ça peut devenir un peu ennuyeux quand il se lance dans du blabla avec le mur ou accompagne certains délires.
Et, comme pour un certain nombre de jeux de TF1, ça peut devenir un peu gavant quand on pousse l’ambiance un peu trop loin…

En fait, mon principal problème à ce niveau-là vient du Mur lui-même.
Je m’étais déjà un peu “plaint” du fait que le Mur de Un contre tous était un peu vociférant ; en revanche, celui de 1 contre 100 est nettement pire à ce niveau-là ! A tel point que je me demande comment j’ai fait, à l’époque, pour ne pas avoir besoin d’un Doliprane à l’issue de chaque épisode.
Je n’ai rien contre un peu d’ambiance, ni contre l’idée d’appuyer la rivalité Mur/candidat ; mais pas au point d’y avoir droit toutes les cinq minutes ! Sincèrement, c’est vraiment fatigant d’entendre les huées du Mur à chaque fois que le candidat répond correctement, ou que ses membres s’éliminent au fur et à mesure. Ou encore, de les entendre chanter “Ce n’est qu’un au revoir” à tue-tête quand le candidat a validé une mauvaise réponse.

Pour ma part, je ne vous cache pas que, même si j’arrivais à supporter l’ambiance la plupart du temps, il y avait quand même deux ou trois fois où ça me gavait un peu qu’on se focalise un peu trop sur les excentricités du mur. Même si parfois ça pouvait être intéressant (comme la fois où un expert du Rubik’s Cube en a résolu un les yeux bandés), ces moments de divertissement exacerbé pouvaient prendre un peu trop le pas sur les moments de jeu… et ça, c’est quelque chose qui me gêne toujours quelque peu.

Bref, on sent que le jeu a tendance à un peu trop verser dans l’amuse-galerie, au détriment de son sérieux.
Je trouve que ça ne rend pas le jeu mauvais pour autant, car il a quand même un concept assez solide derrière (ce que QLMG n’a pas, en revanche… on en reparlera d’ici quelques critiques) ; mais ça reste un petit gâchis de potentiel.

Ah, et une dernière chose avant de conclure (qui n’a pas vraiment de rapport avec l’ambiance, mais qui reste très typique de TF1, donc ça compte…) : que ce soit le candidat, le Mur ou les deux qui gagne(nt), la cagnotte est partagée avec un téléspectateur qui aura appelé au préalable.
C’est une pratique qu’on retrouve très fréquemment dans les jeux TF1 de l’époque avec des gains potentiellement élevés (on avait également ça notamment dans A prendre ou à laisser, et même dans Qui veut gagner des millions ? dans sa dernière session diffusée en quotidienne avec Jean-Pierre Foucault) ; et plus rarement sur M6 ou France 2.
Ce n’est pas la seule fois que je m’en plaindrai, parce que c’est une pratique que je trouve ridicule, et dont l’intérêt est juste de faire miroiter des gains plus élevés qu’il n’en est en réalité (tout en appâtant le chaland avec des numéros surtaxés) ; mais dans le cas de ce jeu-là en particulier, je trouve ça encore plus stupide…
Parce que, déjà qu’en cas de victoire du Mur (ou de semi-victoire, s’il gagne 75% de la cagnotte), les membres encore en lice doivent se partager la cagnotte ; si, en plus de ça, elle est divisée par deux, ça leur fait remporter encore moins d’argent. Alors que, tout de même, ils participent dans des conditions plus difficiles que le candidat (pour chaque question, ils ne disposent que de 5 secondes pour répondre, et ils n’ont aucun joker).
Bref, ça n’apporte rien au concept lui-même, si ce n’est le rendre plus mensonger.

Que je te hais, bandeau incitant les spectateurs à appeler pour gagner de l’argent, en rappelant que les gains affichés ne sont pas les gains réels…

Total : 12/20

1 contre 100 est un autre plutôt bon exemple de programme qui propose une confrontation candidat/mur… du moins, sur le papier.
En termes de règles, je n’ai pas de reproche important à faire, même si ça reste assez perfectible. Je trouve notamment que le Mur aurait pu bénéficier d’un petit peu plus d’avantages, afin que sa rivalité avec le candidat soit la plus équilibrée possible ; mais tel quel, elle passe à peu près.
En revanche, c’est plutôt superficiellement que ce jeu est moins plaisant en ce qui me concerne. Et ce qui m’ennuie particulièrement à ce sujet tient en une seule phrase : ce jeu est très archétypal de la TF1 des années 2000. Partage de gains contreproductif, ambiance trop prononcée, niveau global un peu trop fréquemment faible… ce sont vraiment des éléments récurrents des jeux TF1 de l’époque qui ne me manquent pas, et qui tendent à me faire revoir cette période à la baisse, en dépit de ses bons concepts.
Néanmoins, ça ne suffit pas non plus à me faire détester le jeu. Conceptuellement, il reste suffisamment solide pour que j’aie pu être ravi de le (re)découvrir.

Cependant, question ambiance, on a finalement eu le choix ; puisque, quelques années plus tard, TF1 a remis le couvert avec un remake du jeu… dont on parlera la prochaine fois.

garsiminium

Enchanté, moi c'est garsim. Bienvenue sur mon blog, où je parle de différents sujets, légers comme moins légers.

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