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#009 – Chacun son tour

La gestion de la présidence de France TV par Delphine Ernotte a quelque peu tendance à m’irriter sur certains détails. Je ne nie pas que son bilan est plutôt bon sur pas mal de points, notamment en matière de gestion financière, de création et de développement numérique… en revanche, s’il y a un sujet que je trouve très fâcheux concernant ses mandats, c’est la façon de « dépoussiérer » le contenu de ses chaînes.
Et outre un certain nombre d’animateurs qui ont été mis à la porte pour avoir eu l’outrecuidance d’être des hommes blancs de plus de 50 ans (… mais pas tous, évidemment), il y a également pas mal de programmes qui en ont pâti, y compris des grands classiques. Parmi les jeux TV, Motus en a été la première victime en 2019, et Les z’amours ont suivi 2 ans plus tard (honnêtement, ça m’étonne d’ailleurs un peu qu’ils n’aient pas profité du renvoi de Tex 3 ans plus tôt pour arrêter le jeu par la même occasion…). Ca me dérangeait un peu moins pour ce format, vu le peu d’intérêt que j’avais pour (surtout que c’était facilement l’un des programmes les moins « service public » que j’aie pu voir sur la chaîne…) ; toutefois, j’attendais un peu au tournant celui qui allait le remplacer, et sur lequel on nous avait fait tout un foin sur le côté « novateur », « la création française en force », etc.

Et le moins que je puisse dire c’est… mouais. Tout ça pour ça.
En fait, mon premier visionnage de Chacun son tour m’a fait me dire que France 2 se contentait de pas grand-chose, avec un programme qui se contente de meubler l’antenne sans grand intérêt, ne comprenant vraiment pas en quoi c’était censé valoriser la création française à ce point-là.
Les audiences, cependant, n’ont pas été d’accord avec moi, faisant de cette émission l’un des plus gros succès de la rentrée de la chaîne (enfin… à l’échelle de sa case horaire, hein…), et me donnant l’image d’un jeu très surcoté. Car de mon côté, même si je reconnais que le jeu s’est rôdé au fil du temps, la mayonnaise ne prend toujours pas, et ma position à son sujet reste à peu près la même…
Alors, qu’est-ce qui peut expliquer qu’une partie du public y trouve un certain attrait, tandis que j’y trouve personnellement un certain désintérêt ? Essayons d’y répondre à travers cette critique…

Une occasion manquée de faire mieux

Mais avant de me lancer dans la critique du jeu lui-même, je tiens à faire un petit laïus qui explique en partie pourquoi je trouve ce jeu très décevant par rapport aux attentes que je pouvais en avoir. Car le choix de ce jeu par rapport au cahier des charges demandé pour succéder aux Z’amours me reste toujours un peu en travers de la gorge…

Pour resituer le contexte : la direction de France Télévisions tient à supprimer Les z’amours pour mettre une création française à la place (en insistant là-dessus), et a le choix entre trois projets, dont celui qui donnera sa naissance à Chacun son tour.
Mais ce projet-ci, outre le fait d’être produit par une société dont France 2 a maintenant l’habitude pour ses programmes (présidée par un animateur déjà très présent sur la chaîne), a la particularité d’avoir été présenté comme une adaptation d’un jeu allemand (Cash ball) et d’un jeu italien (Avanti un altro!).
Et pourtant, c’est celui-ci qui a été choisi… mais ça, j’en étais pratiquement sûr, car certains choix de France Télévisions sont devenus très prévisibles depuis quelques années, tant ils se font à la tête du client… donc pas surpris que ce soit le projet de Banijay/Air Prod qui ait été choisi.
Après, ce n’est pas tant le fait que France 2 ait choisi un énième projet Banijay/Air Prod qui me gêne (même si ce n’est pas de qualité homogène, ils produisent pas mal de formats intéressants), que pour une direction qui a insisté sur le caractère français du projet, celle-ci se soit tournée vers un format hybride entre un jeu allemand et un jeu italien…
Cela dit, il est possible que j’extrapole, car je ne connais pas précisément Avanti un altro! et Cash Ball, et ne saurais donc dire à quel point Chacun son tour est une double adaptation de ces formats. Si ça se trouve, ce sont peut-être les médias qui en ont fait des caisses à ce sujet ; ou alors, le terme d' »inspiration libre » serait plus judicieux.

Mais bon, certains diront que ça porte à débat de savoir si l’on considère un jeu en tant qu’adaptation car il reprend plusieurs formats pré-existants, ou comme création originale car il cherche à en faire quelque chose de différent. D’ailleurs, le jeu lui-même se considère comme une création originale, lorsqu’on se penche sur son générique de fin.
Et vous savez quoi : je suis d’accord avec ça. D’ailleurs, je peux citer l’un de mes jeux préférés, qui est lui aussi une double adaptation de deux jeux non français à la base : Pyramide (version années 90-début 2000). Pour être plus précis, c’est l’adaptation de deux concepts d’outre-Atlantique, Password (dont Mot de passe est pour le coup directement adapté) et Pyramid (dont le « retour » éphémère de Pyramide durant les années 2010 était davantage inspiré). On sent très bien la mécanique de jeu des deux concepts de base qui transparaît dans le concept « fusionné » ; mais cette mécanique est mise au service d’un jeu plus ambitieux au niveau de ses règles, ce qui fait que le format final donne presque l’impression d’en être un à part entière.
Comme quoi, ce n’est certainement pas un défaut d’adapter deux formats différents, et le format final peut même avoir sa propre identité.

Mais voilà : d’une part, Pyramide ne devait (à ma connaissance) pas répondre à un cahier des charges insistant sur le côté « création originale » ; et d’autre part, si Pyramide a su habilement marier les concepts de ses matériaux de base pour en faire un jeu à part entière intéressant (voire même légèrement supérieur à ceux-ci)… c’est moins le cas de Chacun son tour.
Bon, je ne pourrais pas juger précisément les jeux Avanti un altro! et Cash Ball, car d’une part mes connaissances en italien et en allemand sont limitées, et d’autre part trouver des émissions complètes (surtout pour le second) est difficile. Mais sur le papier, ces jeux avaient tout de même l’air d’être un peu plus intéressants… pour leur mécanique du moins, parce qu’en termes d’ambiance, en revanche, Avanti un altro! a l’air d’être un peu stupide pour les quelques images que j’ai pu entrapercevoir (au moins, je reconnais que Chacun son tour n’a pas essayé de la reproduire, ça lui fera au moins un bon point…). Honnêtement, je n’aurais pas été contre une adaptation directe de l’un de ces deux concepts (moyennant potentiellement quelques ajustements, par exemple pour supprimer les délires d’Avanti un altro!…), qui m’aurait semblé plus prometteuse sur le papier.
Mais vu le cahier des charges « création française », c’était malheureusement impossible de faire une adaptation directe de l’un des matériaux de base, qui sont tous les deux étrangers. Comme quoi, cette clause aura finalement plus desservi le projet qu’autre chose, et aura plutôt contribué à donner une moins bonne image de la création française pour moi…

Pfiou ! C’était un point assez long à rédiger, je le reconnais ; mais j’avais besoin d’en parler.
Encore une fois, je suis conscient que le public qui ne s’intéresse pas plus que ça à l’actualité médias s’en fout complètement de savoir pourquoi ce jeu a été choisi, et de savoir que c’est une adaptation de deux formats qu’il n’a probablement jamais eu l’occasion de regarder (à moins de zapper sur les chaînes allemandes et italiennes)… mais c’est le genre de backstory derrière un projet qui fait que je vais en avoir une approche moins clémente. Surtout vu le produit fini…
Peut-être aurais-je été effectivement moins sévère envers ce programme, si on ne me l’avait pas « survendu » d’une certaine façon. L’image que j’en aurais eu n’aurait pas été particulièrement plus reluisante, mais je pense que ça m’aurait quand même un peu moins agacé.

Mais parlons déjà un peu du concept global

Le plateau de jeu se compose d’un animateur, et d’une trentaine de candidats potentiels.
La structure d’une émission est la suivante : on tire au sort deux candidats qui vont s’affronter en duel (en répondant à des questions de culture générale), puis le gagnant a le droit de participer à une session de billard japonais pour remporter des prix. A l’issue de cette session, un autre candidat est tiré au sort pour l’affronter en duel sur le même principe, puis le gagnant relance la balle, etc. On répète ça 3 ou 4 fois, puis on passe à la finale, disputée par le dernier gagnant, qui consiste à lancer cette fois-ci une seule balle sur le billard ; mais qui lui permet de remporter le montant de la cagnotte s’il parvient à atteindre la cible.


Je reconnais que ça a un petit côté un peu fun de donner l’impression qu’on assiste à un tirage du Loto alors qu’on tire juste des candidats au sort.

Bon, en soi, j’ai déjà un peu de mal à voir le rapport entre les phases de duels, axées sur de la culture générale, et les phases de billard japonais, axées sur l’adresse. C’est un peu comme si on intercalait des anagrammes de Harry entre deux chansons de N’oubliez pas les paroles, ou encore des épreuves du Juste Prix entre deux manches de Questions pour un champion
Néanmoins, je reconnais que ce n’est pas le seul jeu à proposer deux mécaniques un peu disjointes dans le même concept (pour être équitable, je devrais aussi relever que Motus alterne entre des mots à trouver et des boules à piocher, et ça n’a pas beaucoup de rapport non plus…) ; et, ici, on peut se dire que ça fait un peu écho à La tête et les jambes. Je ne sais pas si les producteurs avaient cette idée d' »hommage » en tête en concevant cette émission, mais pourquoi pas.

Et je reconnais que, globalement, c’est une mécanique un peu rafraîchissante si on la prend dans sa globalité (du moins pour le PAF, vu que là encore c’est une double adaptation de deux concepts étrangers). Mais bon, elle ne casse pas non plus tant de briques que ça pour ma part… et, honnêtement, j’aurais même tendance à la trouver assez lassante au bout d’un moment.
Les enchaînements « duel/billard/duel/billard/etc. » ont un côté quelque peu répétitif. Et là où des jeux comme Le Juste Prix ou Chéri(e), fais les valises ! (… je n’arrive pas à croire que je cite ce jeu pour en parler positivement, c’est dire) alternent aussi des phases de sélection et des épreuves, ceux-ci ont le mérite de proposer des épreuves variées. Ici, en revanche, on n’a que le billard. C’est certes divertissant à un certain niveau, mais est-ce que ça suffit à porter le jeu à lui seul sur le long terme ? … personnellement, je ne trouve pas, mais j’imagine que si ce jeu a autant de succès, c’est que certains doivent trouver ça addictif…

Des duels…

Le duel se déroule entre deux candidats, l’un tiré au sort, l’autre étant celui qui a gagné le duel précédent. C’est un tirage avec remise, donc les candidats peuvent théoriquement jouer plusieurs duels, y compris au sein d’une même émission (ce qui est un peu une conséquence de l’aspect « jeu de bande », mais qui fait un peu redondant).
Comment se passent les duels ? Les candidats répondent chacun leur tour à une question, et il suffit que l’un d’entre eux ait deux points d’avance pour le remporter et passer à la suite. La première question est une question ouverte ; la seconde est de type « Vrai/Faux » ou QCM à deux propositions de réponse. Si les candidats sont à égalité à l’issue de ces questions, une question de rapidité est posée pour les départager.
Notons qu’aux tout débuts, la question de rapidité n’était pas posée aussi vite, et qu’on avait plutôt tendance à enchaîner les questions individuelles jusqu’à avoir un certain écart entre les candidats. Ce qui alourdissait le rythme et rendait ces duels encore plus ennuyeux, donc heureusement qu’ils ont un peu fait évoluer ça au passage…

Et… désolé de le dire, mais même avec cette évolution, cette mécanique est ultra simpliste. Quand j’ai vu ce jeu pour la première fois, c’est vraiment ça qui m’a fait me dire : « Et c’est ça que vous avez choisi pour remplacer Les z’amours ? » Quelque chose qui fait autant service minimum question culture générale, et qui est particulièrement léger question créativité ? Sincèrement, j’ai quelque peu l’impression de voir une version remaniée et allégée de la Mort subite du Maillon Faible… et la Mort subite du Maillon Faible, je n’ai rien contre… dans le contexte du Maillon Faible. C’est-à-dire en tant que manche optionnelle pour départager une égalité finale de façon rapide. Mais là, franchement… mouais. Ca tient la route, mais faire tenir approximativement 50% du jeu là-dessus, il n’y a pas franchement de quoi pavoiser.
Ça me donne l’impression d’être là juste pour cocher la case « Culture générale », sans avoir trouvé de moyen plus pertinent de l’incruster dans le jeu, et je trouve même que ça dénote un peu avec la mécanique de billard. Ça manque d’un trait d’union entre les deux.


Ben… c’est une question, quoi. Qu’est-ce que vous voulez que je développe là-dessus…

Au passage, je trouve qu’on a un peu manqué l’occasion de proposer des duels plus variés. Là, ce sera systématiquement des questions de culture générale, posées selon le même modèle, ce qui n’est pas très original en soi… mais aussi assez répétitif. Quitte à vraiment s’amuser avec la mécanique, on aurait pu partir sur une exploitation façon TLMASMAD, en imaginant plusieurs concepts en rotation.
En fait, c’est ce genre de détail qui me fait regretter que le jeu n’ait pas cherché à varier un peu sa mécanique, voire même de ne pas être parti sur un jeu d’ambiance pur et thématique. Quitte à avoir adapté le billard japonais, on aurait pu aller à fond dans l’idée de faire une émission entièrement basée sur l’adresse des candidats, et faire des duels basés eux aussi sur des jeux d’adresse en rotation par exemple. Je pense que j’aurais d’ailleurs été davantage happé par ce jeu s’il était parti dans une même logique.

Et de façon générale, c’est aussi ce point qui fait que je trouve ce jeu un peu bâtard, au fond : il se veut à la fois être un jeu de culture générale et un jeu d’adresse, mais chacun des deux aspects manque de pertinence, surtout le côté « culture générale » porté par une mécanique de duel aussi expéditive. Ce jeu aurait vraiment gagné à se concentrer sur une seule dimension pour l’exploiter pleinement.
Mais encore une fois, on en revient au problème d’avoir voulu adapter deux jeux qui n’avaient rien à voir en un seul… je crois qu’à force, vous comprenez pourquoi j’ai autant insisté au début sur la conception de jeu : elle n’aura pas réussi à en faire quelque chose de pleinement convaincant, de mon point de vue.

… et du billard japonais.

Mais bon, passons et concentrons-nous sur un point un peu plus positif et original : le billard japonais.
Le candidat qui a gagné le duel a le droit de lancer une boule sur le billard, et s’il la fait tomber dans un trou, il gagne ce qu’il y a dedans. Il a droit à trois balles, pour faire trois essais (non, je ne ferai pas de référence au Jugement de Fort Boyard…). Si le résultat de son lancer ne lui plaît pas et qu’il veut tenter de faire mieux, il en a la possibilité, mais il doit alors renoncer à son gain précédent.

Bon, même si je trouvais tout à l’heure que ce concept est répétitif, je reconnais que la relative diversité des enjeux lui donne de l’intérêt, un peu comme les tours de La roue de la fortune et les cases qui permettent de remporter différentes choses.
D’autant plus qu’il n’y a pas que des gains monétaires ; en effet, certains trous renferment aussi des cadeaux aléatoires et des bonus pour les règles, comme une « extra balle », qui donne l’occasion de lancer une balle supplémentaire lors de la finale.
C’est plutôt pas mal, j’aime bien quand on donne un aspect un peu plus stratégique plutôt que de juste faire gagner des gains un peu au hasard. Bon, sachant que selon la dextérité des candidats, ils pourront tout aussi bien atteindre intentionnellement les trous que de ne pas faire exprès de tomber dedans, mais au moins ça garantit un peu de variété.


Notez la case « Dommage », qui mettra immédiatement fin aux lancers de boules. Il faut bien un peu de difficulté quand même…

Je vais juste faire une petite parenthèse sur le délire des cadeaux aléatoires en revanche ; car, lorsque le candidat tombe là-dessus, il peut gagner n’importe quoi, aussi bien un trampoline qu’une boîte de petits pois. Ha ha, je suis mort de rire.
C’est comme pour les récompenses des devinettes « Monsieur et Madame » dans Une famille en or, où on pouvait tout aussi bien gagner cinq ordinateurs portables que cinq barbecues (sincèrement, quel intérêt que chaque candidat ait son propre barbecue s’ils font partie de la même famille ?) ou cinq déguisements (clairement pas le même budget que les ordinateurs portables…) selon le bon vouloir de la prod : non seulement je ne trouve pas ça très équitable pour les candidats d’avoir des cadeaux à la valeur plus qu’aléatoire, mais en plus c’est le genre de délire qui fonctionne plutôt en petit comité qu’en tant que spectateur.
Je sais que c’est censé renforcer l’ambiance et le côté fun, et que c’est censé être un délire gentillet… mais bon, ça reste un délire trop facile, qui ne me fait plus rire depuis longtemps. C’est peut-être marrant les deux ou trois premières fois de voir un candidat gagner une boîte de petits pois alors qu’il s’attendait à avoir quelque chose de plus classe, mais on s’en lasse vite ; et, de toute façon, je ne regarde pas un jeu TV fait un tant soit peu professionnellement pour revivre les sensations de la tombola de l’école ou du centre commercial à côté de chez moi.

Enfin, cela dit, nuançons quand même un peu cet aspect-là, car on m’a fait remarquer que l’idée n’était pas juste de faire remporter n’importe quoi aux candidats, mais aussi de leur faire faire un choix légèrement stratégique, puisqu’ils peuvent tomber sur une case Cadeau, le refuser (mais sans savoir de quoi il s’agit au préalable), et tenter de viser autre chose lors de leur deuxième lancer. Et comme le contenu du cadeau est dévoilé juste après, ils peuvent tenter de le viser à ce moment-là s’il valait suffisamment le coup.
Euh… mouais bof. Ok, je reconnais que c’est moins « délirant » que je ne l’imaginais au premier abord, et que ça rappelle même un peu Le Bigdil d’une certaine manière… mais bon, n’étant pas un grand fan du Bigdil précisément pour cette raison-là, ça me fait finalement un peu ni chaud ni froid. J’imagine que si vous aimez bien ce jeu-là, en revanche, cet aspect-là sera davantage susceptible de vous plaire.


Bon, la glacière, c’est loin d’être le pire. Mais je vous jure que c’est déjà arrivé d’avoir droit à une boîte de conserve ou à un paquet de mouchoirs à l’effigie de Bruno Guillon…

La finale est par ailleurs basée sur ce principe, mais avec cette fois-ci un billard japonais d’un seul trou, et d’une seule chance (sauf si le candidat a gagné une extra balle précédemment) pour gagner la cagnotte (qui augmente de 500 euros à chaque émission, tant qu’elle n’est pas remportée).
… pourquoi pas. Pour l’instant, ça ne me pose pas trop de problèmes… mais on va y revenir.


Ben… c’est le même billard que tout à l’heure, mais peint en doré, et avec un seul trou. Voilà voilà… notre grand final d’émission, mesdames et messieurs !

L’ambiance et l’esprit de bande… mouais

Bon, même si j’ai un peu de mal à être pris dedans, j’imagine que l’une des raisons du succès de ce jeu, c’est son ambiance très feel good et bienveillante. Ce qui est plutôt un bon point en soi, étant donné que je n’aime pas particulièrement les jeux à l’ambiance plus mesquine façon QLMG (même si je n’en connais pas non plus tant que ça en dehors, je le reconnais).
Et à ce niveau-là… ça passe. Sans plus. On a un certain esprit de bande entre l’animateur et les trente candidats présents sur le plateau ; mais ce n’est pas vraiment ce qui me marque le plus.

En fait, pour vous expliquer mon manque d’enthousiasme sur ce point-là, et pourquoi je ne suis clairement pas autant pris dedans que je ne le devrais, je vais comparer CST avec un autre jeu jouant sur un esprit de bande : A prendre ou à laisser (du moins la version TF1, la version C8 je ne me hasarderai clairement pas à la regarder).
APOAL est un jeu dont le concept ne va clairement pas bien loin, puisqu’on ne voit que des candidats ouvrir des boîtes et accepter ou refuser des offres du Banquier ; mais il arrive à tourner ce simplisme à son avantage, en proposant des enjeux davantage élevés, et en profitant de son concept pour développer l’empathie qu’on peut avoir envers les candidats. Candidats qui sont pleinement mis à l’honneur le jour de leur participation, où l’attention est pleinement focalisée sur eux.
Dans CST, la mécanique est peut-être justement un peu trop élaborée pour qu’on puisse développer cette empathie, puisque notre attention sera surtout captée par les duels proposés, et que le candidat n’est réellement mis en avant que lorsqu’il joue au billard japonais. En outre, avec quatre duels par émission, il n’est pas dit qu’il puisse rester tout du long ; ce qui fait que, même s’il sera amené à rejouer ultérieurement, l’attention qu’on aura à son sujet sera « hachée » d’une certaine manière, là où dans APOAL notre attention reste continue tout du long.

Mais ce n’est pas tout : en effet, APOAL dispose également d’un avantage que CST n’a pas, à savoir un meilleur turnover.
Dans APOAL (hormis les émissions spéciales en prime de 2004), lorsqu’un candidat est sélectionné pour participer, il joue son émission, puis repart, quoi qu’il arrive, avec son gain. Ce qui est à mon sens plus efficace pour avoir une attache émotionnelle envers eux, et de véritablement être contents pour eux s’ils repartent avec un bon gain, ou être tristes pour eux si ce n’est pas le cas. Ok, c’est très frustrant de voir un candidat être resté présent pendant plusieurs semaines, pour finalement repartir avec juste un ballon de football… mais c’est aussi pour ça que la dramaturgie du jeu fonctionne, et qu’on développe d’autant plus d’empathie pour les candidats.
Dans CST, en revanche… ce n’est pas le cas. Et à ce sujet, il va falloir que je revienne sur un détail de mécanique que j’ai volontairement omis jusqu’ici… et qui est d’ailleurs le seul « vrai » défaut que j’aurais à reprocher à ce programme.


Ah, et je n’en ai effectivement pas parlé, mais les tentatives d’humour de ce jeu, franchement… entre certaines questions posées d’une façon volontairement stupide, et ce genre de happenings…
(d’ailleurs, ce happening-là en particulier m’irrite pas mal, car il me rappelle l’abyssale merdasse qu’est le Willymix dans
 Fort Boyard).

Car, dans CST, quand un candidat dispute une finale, ça ne garantit pas son départ pour autant. En effet, c’est uniquement lorsqu’un candidat gagne la finale et remporte la cagnotte, qu’il part du jeu, et qu’il est remplacé par quelqu’un d’autre. Donc en somme, un candidat ne peut partir du jeu que lorsqu’il a remporté une cagnotte… original, je le reconnais.
Et c’est là qu’on attaque l’un des principaux problèmes de ce jeu : les candidats peuvent rester très, mais alors TRÈS longtemps. On avait déjà un peu ce genre de problème dans APOAL, où les tirages au sort pouvaient faire en sorte qu’un candidat malheureux ne soit pas pris avant un bout de temps… et encore, ils n’étaient au maximum que 24 dans ce jeu-là.
Mais là, vu qu’il faut qu’un candidat gagne pour pouvoir partir, ça veut dire qu’il faut non seulement qu’il soit tiré au sort dans une émission, qu’il soit le candidat qui va participer à la finale, ET qu’il remporte ladite finale… un jeu où il est encore plus difficile de partir que de rester, il fallait l’oser celle-là ! Mince, j’ai même envie de dire qu’à ce stade, pourquoi vouloir chercher à gagner la cagnotte, alors qu’on peut potentiellement continuer à gagner de l’argent (en quantité moindre certes) et des cadeaux de façon pépère ? Certes, la cagnotte aura tendance à être plus élevée… mais vu que ce ne sera pas du tout dramatique pour un candidat de ne pas gagner, ça réduit considérablement les enjeux de la finale.

En fait, la petite originalité du jeu à ce niveau-là se retourne contre lui. Ce n’est certes pas banal de faire en sorte qu’un candidat ne puisse partir que lorsqu’il gagne… mais comment on s’assure qu’il puisse forcément gagner, au bout d’un moment ? On n’impose même pas un nombre de participations maximal pour éviter ça…
Bref, on se retrouve avec un jeu où un candidat peut rester encore plus longtemps qu’un champion de jeu TV… et par « peut », j’entends « c’est déjà arrivé », en plus (même un an après la création du jeu, il restait des candidats qui étaient là depuis le début). Va te rhabiller avec ton record mondial de longévité d’un candidat, Tout le monde veut prendre sa place ! On a trouvé un jeu où c’était encore plus facile pour quelqu’un de ne jamais en partir ! C’est dire au passage à quel point ce genre de record a du mal à pouvoir être pris au sérieux, étant donné sa tendance à mélanger les torchons et les serviettes…


357 émissions !!! Bruno Guillon a d’ailleurs annoncé qu’elle avait remporté un prix officiel pour ce record de participations.
Mais franchement, vu l’émission dans laquelle ce record a été battu, j’ai envie de dire que ça a autant de mérite que de passer son brevet des collèges. Mince, ça me fait même légèrement revoir à la hausse le record précédemment établi par TLMVPSP ! (Enfin, j’insiste sur le « légèrement »…)

Donc, oui, c’est aussi pour ça que mon empathie ne fonctionne clairement pas aussi bien : à force de vouloir être trop gentil avec les candidats, le jeu finit par perdre en intérêt au niveau de ses enjeux. Et au final, j’ai davantage le même sentiment qu’avec un système de champion illimité, plutôt qu’un système de bande à la APOAL, dans la mesure où je me lasse de voir les mêmes candidats rejouer à chaque fois. Ok, j’imagine que c’est super pour eux de développer un tel esprit de bande, et que d’autres y seront largement plus sensibles que moi… mais étant donné que la mécanique du jeu est trop mal pensée pour que je puisse être pris dedans, la mayonnaise ne prend malheureusement pas en ce qui me concerne.

Après, histoire de quand même terminer ma critique sur une bonne impression, je reconnais que dans l’intention, ça a un côté louable de voir un jeu qui tient à ce que tout le monde puisse gagner quelque chose.
Et au-delà de ce problème de finales non éliminatoires, mentionnons une autre règle du jeu, plus raisonnable, qui entre dans cette optique : lors du tirage au sort des candidats, l’animateur peut piocher une boule dorée (qui n’est pas remise en jeu après tirage), et qui permet à tous les candidats de remporter un cadeau. Plutôt attentionné, je le reconnais. Même si ça reste très loin de me faire revoir à la hausse ce jeu-là…

Total : 9/20

Chacun son tour est un jeu qui… meuble une demi-heure d’antenne à peu près correctement, même s’il ne m’a pas du tout emballé.
Je reconnais qu’il y a quelque chose d’un peu rafraîchissant et d’un peu amusant dans sa mécanique, alternant duels de culture générale (même si ceux-ci ne sont pas franchement recherchés) et lancers de boules sur un billard japonais… mais je m’en lasse assez vite. L’esprit de bande développé n’est pas trop mal, et le rythme s’est clairement amélioré par rapport aux débuts où l’émission était encore très pataude à ce niveau-là… mais on a déjà vu mieux, et ils ne suffisent pas particulièrement à apporter de la plus-value à ce programme. Je n’aime pas le ton humoristique qui est développé, mais c’est loin d’être le plus affreux que j’aie vu. Et sur le plan purement technique, je n’ai pas de défauts spécialement gênants à relever, à part cette histoire de candidats qui peuvent squatter l’émission sans problème pendant plus d’un an… mais à côté de ça, les qualités de ce programme ne sont pas particulièrement notables non plus. C’est d’ailleurs ce problème de gestion des candidats qui me fait pencher ce jeu dans la catégorie des jeux que je n’aime finalement pas (et qui me le fait noter sous la moyenne) ; même si, vu le peu d’enjeux totalement assumé par cette émission, ce n’est pas ultra gênant non plus…
Et en fin de compte, je pense que je pourrais résumer le problème que j’ai avec CST d’une façon simple : ce jeu semble finalement avoir été davantage pensé pour laisser un bon souvenir aux candidats plutôt qu’au spectateur. En tant que candidat, je suis sûr que l’expérience doit être très fun, l’ambiance géniale, et la façon de gagner des choses très plaisante ; mais en tant que spectateur, je n’ai pas trouvé ce plaisir communicatif, à cause du manque d’intérêt que j’ai pour cette mécanique de façon générale.

La prochaine fois, on va voir un programme mettant en avant un large panel de candidats et des duels… d’une façon que j’ai trouvée davantage stimulante.

garsiminium

Enchanté, moi c'est garsim. Bienvenue sur mon blog, où je parle de différents sujets, légers comme moins légers.

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